On mange avec les yeux. L’industrie alimentaire l’a bien comprise. Que seraient nos céréales Froot Loops® ou notre Kraft Dinner® sans leurs couleurs si vives? Toutefois, l’utilisation des colorants artificiels soulève de plus en plus de préoccupations chez les consommateurs. En effet, quelques études publiées sur le sujet laissent supposer un lien entre les colorants alimentaires artificiels et le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) chez l’enfant. Doit-on les éviter?

À quoi servent les colorants alimentaires?

Les colorants alimentaires ont une fonction purement esthétique. Ils servent à rendre l’aliment plus attrayant (par des couleurs qui n’ont parfois pas d’équivalents dans la nature) ou plus alléchant aux yeux des consommateurs. Ils ne sont donc pas essentiels. Les colorants alimentaires sont classés dans la même catégorie que les additifs alimentaires. Seuls les additifs alimentaires qui ont été évalués pour leur innocuité et qui ont été approuvés par Santé Canada peuvent être utilisés dans la transformation alimentaire. Bien qu’il soit obligatoire d’en déclarer l’utilisation, la mention de « colorant » suffit selon la réglementation en vigueur au Canada. Ainsi, il est impossible de distinguer si le colorant utilisé et naturel ou artificiel.

Naturels ou artificiels?

Il est possible de retrouver plusieurs types de colorants dans les aliments transformés. Les colorants naturels proviennent généralement d’ingrédients retrouvés dans la nature, tels le caramel, la chlorophylle, le curcuma, le paprika ou le rouge de betterave. Ceux-ci n’inquiètent pas les scientifiques outre mesure. Ce sont plutôt les colorants artificiels, produits chimiquement, qui sont pointés du doigt. Plusieurs études se sont penchées sur les effets de la consommation de colorants alimentaires artificiels chez l’humain et leurs conclusions ne sont pas toujours rassurantes pour le consommateur.

Qu’en disent les études?

Il faut être prudent dans l’interprétation que certaines personnes ont faite de ces études. Premièrement, aucun lien direct entre les colorants alimentaires artificiels et le TDAH n’a été clairement prouvé.

Toutefois, en 2007, une étude britannique a sonné l’alarme en démontrant un possible lien entre la consommation de colorants artificiels et l’aggravation des symptômes d’hyperactivité chez des enfants. D’autres études devront toutefois approfondir le sujet.

Même si des évidences manquent toujours à l’appel, il est clair que les colorants alimentaires artificiels ne sont pas essentiels à notre alimentation. De plus, ils se retrouvent généralement dans les aliments transformés destinés aux enfants ou qui ne sont pas intéressants au point de vue de leur valeur nutritive, souvent trop riches en gras ou en sucre.

Il est important de se préoccuper de la présence des colorants dans les aliments afin de pouvoir faire un choix éclairé en tant que consommateur. En mettant une croix sur les produits qui en contiennent, l’industrie alimentaire n’a d’autre choix que de se tourner vers les colorants naturels.

Annie Ferland Ph.D. Dt.P.-nutritionniste Science & Fourchette | Communication de la nutrition sciencefourchette.com

Références

McCann D et al. Food additives and hyperactive behavionr in 3-year-old and 8/9-year-old children in the community: a randomised, double-blinded, placebo-controlled trial. Lancet 2007 3;370(9598):1560-7.

Santé canada. Liste des colorants autorisés. http://www.hc-sc.gc.ca/fn-an/securit/addit/list/3-colour-color-fra.php {Page consultée le 15 avril 2015}