Mon premier contact véritable avec la mer a eu lieu alors que j’avais 17 ans. Réserviste dans la marine canadienne, j’ai participé à une première mission en mer dans la région des Bermudes. Wow! Quel environnement extraordinaire que le milieu marin! Bien que je ne me voyais pas faire une carrière militaire, j’ai beaucoup aimé le travail de marin, tellement que j’ai décidé d’en garder un souvenir impérissable, pour ne pas dire indélébile… en me faisant tatouer une ancre sur l’avant-bras droit!

J’œuvre maintenant dans le domaine des sciences de la mer depuis plus de 35 années, après avoir complété une formation d’ingénieur physicien et des études graduées en océanographie. On pourrait donc croire que mon parcours entre ma première expérience en mer et le travail d’océanographe a été rectiligne, mais ce n’est pas du tout le cas.

J’ai pas mal bourlingué avant de trouver ma voie véritable, car je suis un être curieux et passionné qui s’intéresse à plein de domaines. J’ai une propension pour les sciences, mais les arts aussi m’intéressent, de même que les sciences humaines. Ceux qui comme moi sont de cette nature, vont comprendre que ce n’est pas nécessairement facile de faire le bon choix du premier coup.

Passion pour les sciences dès l'enfance

Né à Québec au siècle passé, j’ai été particulièrement attiré par les sciences dès mon plus jeune âge. Je me rappelle très bien d’avoir été totalement ébloui par la mise en orbite des premières capsules spatiales. Mais à ce moment-là, il n’était pas possible pour un Canadien de devenir astronaute.

Alors quoi d’autre? La chimie peut-être. Un samedi matin, alors que je regardais une émission de télévision dont je ne me rappelle pas le titre, mais qui comprenait une chronique science, j‘ai vu un chimiste transformer du latex en une boule de caoutchouc qu’il a fait rebondir sur le plancher du studio. Wow! Je veux faire ça!

Mais j’étais alors au cours classique, formation secondaire que m’avaient imposé mes parents et qui comprenait plus de cours de grec et de latin que de cours de sciences et qui menait les étudiants vers les professions dites libérales: notaire, avocat, médecin ou prêtre!

Option «sciences pures et appliquées»

On dit que la chance sourit aux audacieux! Avant la fin de ma quatrième année du secondaire, il y a eu une réforme du milieu scolaire, si bien que les cours ont été décloisonnés et que j’ai pu compléter mon secondaire 5 en prenant des cours de physique, de chimie et de mathématiques qui me permirent de m’inscrire au Cegep dans l’option portant alors le nom de «sciences pures et appliquées».

Mal m’en pris, car je n’avais pas du tout la formation adéquate pour survivre facilement dans cette option et dès ma première session, comme plusieurs autres étudiants qui avaient fait comme moi, j’ai eu des échecs. Trois! En physique, en mathématique et en philosophie. Deuxième session, autre échec, en chimie cette fois-ci.

Seigneur! Que faire? Des cours d’été pour rattraper mon retard, ce que plusieurs de mes amis ont fait? Non, j’ai plutôt décidé de partir en mer pendant deux mois sur un navire de la marine. C’est alors que je suis revenu d’Halifax avec un tatouage qui a fait pâlir mes parents de colère.

De la géographie à la radiologie

L’automne suivant, j’ai poursuivi mes cours en sciences, mais avec un mélange de cours de première et de troisième session jusqu’au jour où n’en pouvant plus, j’ai décidé de me réorienter. En me déplaçant, entre deux cours, j’ai vu un panneau sur lequel était inscrit le mot GÉOGRAPHIE.

Ce fut le déclencheur, j’ai toujours aimé la géographie. J’ai alors consulté un conseiller pédagogique pour voir ce que je devais faire pour me diriger vers la géographie à l’université, mais le conseiller m’a convaincu d’opter pour un cours technique.

Ne voulant pas quitter le Collège de Ste-Foy, où j’étudiais, je me suis retrouvé en technique de radiodiagnostic – le technicien qui prend des radiographies dans les hôpitaux et les cliniques –dans une classe où il y avait 35 filles et… 3 garçons! Assurément, cela a grandement contribué à ce que je me défasse de ma gêne.

En route pour la Gaspésie

La radiologie est une technique qui combine sciences physiques et sciences de la santé. Ça me convenait. J’ai complété les trois années d’études, dont la dernière est un stage à temps plein dans un hôpital, et dès la fin de mon cours j’ai reçu une offre d’emploi de l’Hôtel-Dieu de Gaspé. D’abord réticent, j’ai fini par accepter l’offre et me suis retrouvé à Gaspé à l’aube de mes 21 ans. Instantanément, je suis tombé amoureux du magnifique décor et des chaleureux Gaspésiens de la région.

Dans mon prochain billet, je vais raconter comment ce séjour à Gaspé, près de la mer, a modifié mon itinéraire de vie.