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La nutrition pour les scientifiques, les curieux, les gourmands et les passionnés

Le choix de la nutrition

Marie Marquis, le 13 juillet 2015, 23h11

La nutrition… une profession, au fil d’un long chemin, m’a fait découvrir les aliments, le plaisir de les choisir, de les cuisiner et de les partager tout en développant une grande curiosité pour les différents types de mangeurs.

crédits : Marie Marquis
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crédits : Marie Marquis

La nutrition, des recettes et des polars

La nutrition suppose une curiosité, le désir de vouloir comprendre mais surtout une passion pour les aliments et les gens. J’aime donc cuisiner, j’ai beaucoup de livres de recettes, partout dans la maison et aussi des livres qui portent plus sur les comportements alimentaires.

Pour être honnête, j’ai aussi quelques polars avec des intrigues alimentaires tels que La cuisinière d'Himmler de Franz-Olivier Giesbert. Les polars gourmands de la québécoise Chrystine Brouillet sont aussi excellents. Lorsque je voyage, je prends plaisir à découvrir leurs cuisines.

Au secondaire, la médecine m’intéressait. J’aimais les aspects liés au corps humain, à la physiologie, l’anatomie, mais surprise… les études m’ont amenée à me questionner et m’intéresser aux aspects qui déterminent nos comportements.

La possibilité d’être nutritionniste est survenue au CÉGEP alors que je faisais des choix de programmes universitaires. Les sciences humaines et sociales sont alors arrivées dans mes lectures et façonnent aujourd’hui ma carrière.

Avoir un public et des élèves

Très jeune, je passais des heures, non pas à la cuisine - ma mère était la reine de sa cuisine - mais devant mon miroir… devant un public fictif à qui j’expliquais des choses. Je ne chantais pas, je parlais.

Très vite, les professeurs - en 5ème année du primaire - m’ont fait remarquer que j’avais une grande facilité devant un public, une aisance avec les mots qui méritait d’être soulignée.

Être devant un vrai public me plaisait beaucoup… mais jamais j’aurais imaginé où cet intérêt me mènerait !

J’ai fait mes études secondaires, collégiales et universitaires sans interruption. J’ai travaillé comme nutritionniste et pour prendre un peu de recul, j’ai fait une maîtrise. Après la maîtrise, encore un peu de recul, avec des études doctorales.

La maîtrise en poche, j’ai eu la possibilité de m’orienter vers l’enseignement universitaire. Ce fut le déclic. Ce choix m’a menée à une carrière de professeure universitaire dans mon champ d’expertise, celui de la nutrition.

On me demandait dernièrement : si c’était à refaire, choisiriez-vous de devenir professeur d’université? Ma réponse a été : « oui, bien évidemment ! »

Les comportements alimentaires

Au fil des années, j’ai eu un parcours qui ressemble beaucoup à celui de ceux qui se lancent en affaires. Je me suis trouvé une niche - quelques niches, mais en premier : les comportements alimentaires, avec un intérêt pour les enfants et les familles.

J’ai innové : collaboré au développement de sites web, de nouveaux cours et même d’un jeu vidéo sur les comportements alimentaires pour console DS avec la compagnie Ubisoft !

J’ai diversifié mes approches, en développant des cours en ligne et en enseignant aussi en Europe. J’ai noué des alliances : avec des professeurs un peu partout dans le monde et surtout avec des historiens, des cuisiniers, des anthropologues, des médecins, des kinésiologues, des pédagogues, etc.

J’ai géré des projets et des équipes de travail : trouvé des budgets pour que des équipes de nutritionnistes développement des projets en nutrition pour des groupes particuliers. Ainsi certains se concentrent sur des projets liés à la nutrition et des problèmes de santé comme la maladie d’Alzheimer. D’autres s’intéressent à l’alimentation des petits en services de garde.

J’ai inspiré des étudiants : en les encadrant dans leurs projets de mémoire ou de thèse. Ainsi une étudiante s’est intéressée aux comportements alimentaires des jeunes hommes de 18-24 ans qui habitent seuls en appartement !

Ma carrière

Une chose à retenir, c’est une carrière qui me laisse beaucoup d’autonomie. Elle me permet de passer du temps à réfléchir, à enseigner et à faire de la recherche. Elle m’offre de rencontrer différents publics pour leur communiquer, en personne ou par les médias, nos savoirs et les aider à rendre le tout pratique pour eux.

Je travaille donc seule par moment, en équipe de nutritionnistes à d’autres moments puis avec des gens de différentes disciplines.

Mais par-dessus tout, ce choix de carrière me permet de réfléchir chaque jour sur un sujet riche et des plus divertissant : le mangeur et ses environnements, quels que soient son âge et les milieux où il se trouve.

Du jardin à la bouche

Le jardinage, les marchés et leurs produits locaux me fascinent aussi depuis peu. J’aime beaucoup partager mes repas avec les autres. Chaque midi m’offre un moment de rencontre avec mes collègues nutritionnistes aussi curieux et gourmands que moi.

Il ne faut pas croire que la nutrition intéresse seulement les gens au régime. Ni que la nutrition est une histoire de filles ! La nutrition constitue un heureux mélange de sciences médicales et humaines. Le futur nutritionniste s’approprie cette profession et la façonne à son image.

Dans un autre billet, je vous raconterai une journée typique et je vous présenterai certains de mes projets… et surtout je vous parlerai de mes étudiants !