« Je veux de la magie pour Noël ! ». Tous les petits et les grands aspirent à s’émerveiller et, les fêtes à nos portes, des sorties enchanteresses forment un cortège de promesses sur un petit air de science et de célébration. Un cortège déjà entamé car nous avons déjà fait un petit écart à « Aurorae », le nouveau spectacle du Planétarium.

Voué à démystifier les aurores boréales – nos proches voisines – le spectacle débute par une légende inuite où dansent les aurores sous un fond sonore tissé de craquements, de grésillement et de battements métalliques. « Comme une télévision mal réglée », sanctionne ma fille les yeux largement ouverts et la tête pirouettant à 360 degrés pour saisir tous les voiles de lumière verte qui valsent au-dessus de nos têtes.

Les fesses dans les sièges de la salle de projection du planétarium mais la tête dans les beautés nocturnes du lac des esclaves, à Yellowknife – il semble même faire un peu plus froid tout à coup. Le bouclier géant sur lequel taperait un géant active la danse des lumières.

Phénomène lumineux des pôles, une aurore - boréale, au Nord et australe, au Sud – se forme lorsque des particules magnétiques émises par le Soleil entrent en collision avec les molécules de la haute atmosphère terrestre. Le choc produit de l’énergie… sous forme de lumière colorée !

La belle verte !

Lumière verte, bleue, mauve ou encore rose, la lumière se colore selon les molécules de gaz rencontré – vertes (oxygène), mauve (hélium), hydrogène (bleu), rose (azote) – dans les différentes couches de l’atmosphère. Les vertes, les plus courantes se produisent entre 100 et 300 km d’altitude.

Le spectacle devient intense lorsque le vent solaire chargé de particules provient d’une puissante éruption solaire. Cela augmente la fréquence des aurores boréales et la largeur de l’ellipse aurorale – la couverture quotidienne du phénomène observable le long d’une bande traversant l'Alaska, le Yukon, les Territoires du Nord-Ouest, les régions voisines de la Baie-James et la baie d'Hudson (Nord de l'Ontario; Abitibi, Baie-James au Québec) et la Côte-Nord.

Les tempêtes géomagnétiques, provoquées par les éruptions solaires, apportent leur lot de magnifiques aurores. Les enfants, de tous âges, peuvent dessiner des aurores dans le ciel et avec les doigts sur l’écran interactif de l’Auroramax, disposé proche de la salle de projection. Plus elles sont intenses et lumineuses, plus le plaisir est grand !

La magnétosphère de la Terre - son champ magnétique - la protège des tempêtes solaires tel un invisible bouclier en forme de doubles ovales posés aux pôles. Le flux de particules circule autour de ces lignes de force irisant les molécules de la haute atmosphère comme une caresse.

Il arrive que les lignes du champ magnétique se touchent et renvoient une grande quantité d’énergie vers la Terre. Ce phénomène appelé « reconnexion magnétique » fait l’objet d’études de la mission THEMIS de la National Aeronautics and Space Administration à laquelle le Canada participe.

Rendez-vous avec les aurores

En sortant de la salle, la mademoiselle m’attrape la main et questionne : « Nous allons bientôt à Rimouski ? ». « Rimouski… hum, pourquoi ? », je lui réponds perplexe car je pense instantanément à l’air salin et au Golfe. « Pour y voir des aurores boréales. Il y en a aussi là-bas, c’est ce qu’il a dit !», tranche la gamine.

C’est vrai, il est tout à fait possible d’en observer dans le sud du pays – on en aurait aperçu à Longueuil, c’est dire ! Et donc, si les astres s’alignent bien et que comme moi, vous vous abonnez à cette page, vous ne manquerez pas vos prochains rendez-vous avec ce phénomène céleste fascinant et magnifique. Et si vous avez la chance de les entendre aussi… tenez-moi au courant car j’aimerais vraiment connaître à quoi ressemble le chant des aurores boréales !