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Je me souviens, de quoi… de rien

Pas de savoir sans mémoire

Jean-Pierre Urbain, le 25 mars 2016, 20h24

Le très détesté Tycho Brahe consignait méthodiquement dans ses carnets les positions célestes des objets qu’il observait. Kepler a utilisé la richesse de ses données patiemment recueillies pour formuler ses trois lois fondamentales de l’astronomie.

Pas de savoir sans mémoire
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Pas de savoir sans mémoire

Une époque épique opaque s'offre à nous

En science, la prise de notes est cruciale, la préservation et la conservation de celles-ci sont cruciales pour assurer la compréhension et l’interprétation des phénomènes.
Or, notre époque glisse rapidement vers l’amnésie.

Je m’explique. Prenons l’exemple des petits bulletins de science sur papier. Jusqu’à pas très longtemps, les organisations de vulgarisation scientifique publiaient à l’intention de leurs membres un bulletin d’information papier. Celui-ci après révision et impression était mis à la poste. Reçu, le membre le feuilletait, le lisait, le refeuilletait : au salon, dans la salle de bain, sur le patio. Terminé, le bulletin pouvait être refilé à un beau-frère ou à la petite nièce intéressée par les sujets traités.

Maintenant, une version électronique est produite. Transmise avec des erreurs, retransmise corrigée. Le document se perd dans le fouillis des courriels. Souvent la communication passe inaperçue. Lorsque lue, elle s’engloutit quelque part sur un disque dur puis en cas d’avanie disparaît pour toujours.
Aucune trace persistante, l’éphémère érigé en système.