Des cellules foetales rénales humaines portant des récepteurs olfactifs de souris qui induisent la production d’un venin d’araignée lorsqu’elles détectent une odeur de menthe. C’est une nouvelle approche que des chercheurs de Zurich ont mis au point pour optimiser l’administration de nouveaux traitements contre la douleur.

Le soulagement de la douleur chronique est un problème majeur de santé publique. Les anti-inflammatoires ont une efficacité limitée. Les narcotiques ont des impacts physiques et sociaux négatifs, la crise actuelle des opioïdes en est un exemple. Des molécules contenues dans le venin de serpents, de poissons, de crapauds ou d’araignées se sont révélées fort prometteuses. Les huwentoxines, produites par une variante de tarentule (Haplopelma schmidti), inhibent de façon très spécifique certaines molécules impliquées  dans la perception de la douleur, sans créer de dépendance. Elles sont toutefois difficiles à administrer. 

C’est pour pallier ce problème que des spécialistes en ingénierie cellulaire de l’Institut Fédéral de Technologie de Zürich, sous la direction de Martin Fusseneger ont imaginé des cellules sur mesure pour administrer ce traitement. Ils ont d’abord modifié des cellules humaines pour leur faire produire une huwentoxine. Comme il fallait que le patient puisse en contrôler la libération, ils ont alors eu l’idée de placer le récepteur olfactif d’une molécule, la carvone qui donne son odeur… à la menthe verte pour déclencher la production du traitement et sa libération dans le sang ! Ces cellules sont placées dans des microcapsules sous la peau : lorsque la carvone inhalée par le nez atteint une certaine concentration dans le sang, le médicament est libéré.

Pour le moment, seules les souris souffrant de douleur chronique ont pu bénéficier de cette forme d’aromathérapie de haute-technologie. Dans combien de temps le chewing-gum à la menthe permettra-t-il de soulager nos courbatures ?