En classe de médecine (oui, je sais, il y a très longtemps... —je suis gradué de l’Université de Sherbrooke en 1983), les cours en allergie me rebutaient. Pleins de molécules aux noms en acronyme (SRS-A, etc.) dont on n'était pas très sûr de ce qu’elles faisaient.

Des tests pas très fiables (contrairement aux résultats de radiographies par exemple), des patients avec des histoires «pas comme dans le livre...». Disons que la chirurgie, c’était plus mon style: on trouve le bobo, on l’enlève et on n’en parle plus!

Mais c’était avant...

Il y a six ans, j’ai dû mettre un terme à ma pratique chirurgicale en oto-rhino-laryngologie —un otorhino-laryngologue est un spécialiste des oreilles, du nez et de la gorge— en raison d’un problème neurologique (tremblements).

À contre-cœur, j’ai considéré une réorientation dans le domaine de l’allergie. Deux raisons m’y poussaient: une immense demande en allergologie et le nombre croissant de patients allergiques.

Ce que j’ai trouvé alors était une science en pleine effervescence, la compréhension de ce que les allergies causent à long terme des complications que je voyais pourtant auparavant comme chirurgien mais sans comprendre pourquoi elles survenaient. Mais surtout qu’on peut maintenant changer les choses, mieux que jamais.

Je me suis résolu d’aller faire des stages de formation en Europe, en France en particulier où je me suis fait plein d’amis que je revois à chaque année et avec qui je peux correspondre via une sorte de Facebook pour allergologues français. J’ai même appris en allergologie moléculaire, une science mal connue ici et que j’enseigne maintenant aux États-Unis...

Comme quoi la science ouvre tant de portes!