Quoi de plus futile qu’un « selfie » pris à bout de bras ? À l’époque de l’égo-portrait et du narcissisme numérique, ils sont de toutes les plateformes et contaminent la plupart des jeunes (surtout les filles, force est de l’admettre). Futile ? De forme, certes. Mais sur le fond, le principe de photographier un plan rapproché comme son visage entraîne des déformations visuelles que la plupart ne soupçonnerait pas.

Les chercheurs de la Rutgers New Jersey Medical School se sont penchés sur les particularités des téléphones intelligents et ont observé que ceux-ci sont généralement munis d’objectifs grands-angles. Ces derniers tendent à déformer les objets qu’ils photographient de trop près, comme notre visage. En effet, l'objectif court-focale est utilisé par les développeurs de téléphones intelligents pour sa capacité à capturer une image très nette, mais en revanche, il nécessite une prise de vue de quelques mètres afin d'offrir une image sans déformation.

Certains l'auront appris à leurs dépens, en observant un selfie sur lequel leur nez semble plus large qu'il ne l'est réellement. Ce phénomène porte le nom de distorsion nasale et se mesure facilement. Par exemple, un « selfie » capturé par notre main à 30 cm de notre visage présentera une vision de notre nez 30 % plus gros, en comparaison au reste de notre visage.

Il n’en fallait pas plus pour que certains adeptes du phénomène de l’égo-portrait aient recours à la chirurgie esthétique. Néanmois, les chercheurs pensent que cette course à la réduction nasale n’aura que peu d’impact au final. La meilleure stratégie pour présenter notre pif tel qu’il est demeure la photo prise à au moins 1,50 mètres de distance.