Au Québec, l’hiver est synonyme de chute des températures, mais aussi d’augmentation des coûts de chauffage dans les foyers.

En réalité, le coût du chauffage et l’efficacité énergétique d’une maison sont étroitement liés : plus une maison est performante énergétiquement, moins la baisse de température affectera sa consommation en énergie. L’efficacité énergétique d’une habitation est définie par deux critères : l’isolation et l’étanchéité de l’enveloppe extérieure et la performance du système de chauffage.

La rénovation de sa maison est un sujet qui demande réflexion et peut s’envisager, soit d’un point de vue environnemental pour diminuer l’impact de sa maison, soit d’un point de vue économique, simplement pour réduire ses frais liés au chauffage.

Petite mise en contexte sur l’état des maisons dans la région du Québec

Au Québec, l’âge moyen du parc d’habitations est de 42 ans dans la région de Montréal, et que 32 % des maisons ont besoin d’être rénovées (selon l’Association des Professionnels de la Construction et de l’Habitation du Québec). 

Dans les foyers, 63 % de la consommation d’énergie est consacrée au chauffage des locaux, loin devant le chauffage de l’eau, les appareils ménagers, l’éclairage ou la climatisation des locaux. Le montant de la facture d’un foyer québécois est donc en grande partie dû au chauffage de sa maison. 

De plus, 62 % des maisons unifamiliales fonctionnent au chauffage électrique, mais d’ici 2025, le prix de l’électricité devrait augmenter de 30 % au minimum (selon le TechnoCentre éolien de Gaspé) jusqu’à 50 % (selon Hydro-Québec). Si la facture paraît salée aujourd’hui, elle n’est que 77 % du prix qu’elle représentera dans 10 ans.

Que peut-on envisager pour réduire sa consommation ?

Une bonne isolation ainsi que l’installation d’un pare-vapeur peuvent améliorer le confort de la maison, en diminuant les mouvements de chaleur, et en limitant l’infiltration de l’humidité, en plus d’améliorer l’efficacité énergétique de la maison et de diminuer la note de chauffage. Une modélisation d’une maison unifamiliale québécoise typique construite en 1990 a montré qu’une bonne isolation et une bonne étanchéité pouvaient diminuer les pertes énergétiques en économisant jusqu’à 57 % de la consommation énergétique totale. Ci-dessous, les gains énergétiques et financiers possibles par une rénovation de sa maison, dans la région de Montréal.

Économies possibles par la rénovation d’une maison typique dans la région de Montréal

Afin d’améliorer l’efficacité énergétique de sa maison, une autre option est à envisager : modifier son équipement de chauffage. Il existe des options de chauffage plus efficaces et plus écologiques qu’un chauffage électrique, dont l’installation est largement rentabilisée sur la durée de vie du système.

Voici quelques estimations des coûts de chauffage par an à Montréal avec différents systèmes.

Frais de chauffage estimés chaque année pour une maison typique dans la région de Montréal

Comment financer sa rénovation ?

Le principal problème dans la rénovation reste l’investissement initial. En effet, même si chaque année, une rénovation permet d’économiser quelques centaines de dollars, l’investissement est souvent bien trop grand (plusieurs milliers de dollars) pour qu’un habitant puisse réellement l’envisager dans son budget.

C’est pourquoi au Québec le Bureau de l’Efficacité et de l’Innovation Energétique prévoit un panel de programmes permettant d’accéder à une aide financière pour l’amélioration de l’efficacité énergétique de sa maison.

Parmi les plus importants, Rénoclimat et Chauffez-Vert s’inscrivent dans cette optique de développement durable.

Rénoclimat s’applique aux habitations unifamiliales et peut financer jusqu’à 975 $ pour la rénovation d’un grenier, 1625 $ pour la rénovation du sous-sol, 2 440 $ pour les murs extérieurs, 2 115 $ pour l’installation d’un système géothermique et 650 $ pour l’installation d’une thermopompe à air.

Une maison bien isolée et chauffée de manière responsable et écologique peut facilement éviter des frais supplémentaires de chauffage pendant l’hiver. Cependant, les gains possibles dépendent du lieu, du climat, et de l’âge de la maison. Il convient donc d’effectuer une analyse de sa propre maison et de calculer la rentabilité d’un projet avant de se lancer dans de grands travaux.

Marianne Pedinotti-Castelle, étudiante au LIRIDE — Université de Sherbrooke