Quand vient le temps de préserver un écosystème naturel, vaux mieux plus d’espèces que pas assez ! C’est la conclusion à laquelle sont arrivés Andrew Hector de l’Université de Zurich et Robert Bagchi de l’Université d’Oxford en étudiant huit sites expérimentaux des prairies européennes.

Plusieurs études avaient démontré, par le passé, que l’augmentation de la biodiversité avait un effet bénéfique sur la capacité d’un écosystème à produire, par exemple, de la biomasse ou à fixer l’azote. Cependant, passé un certain seuil, il n’y avait plus de gain apparent. Ce qui laissait croire que ces espèces supplémentaires n’apportaient rien de plus à l’écosystème et qu’elles pouvaient donc être éliminées sans problème. Or, toutes ces expériences se contentaient de ne mesurer qu’une seule fonction de l’écosystème. On supposait que les autres fonctions de l’écosystème étaient effectuées par les mêmes espèces.

C’est appliquant une nouvelle méthode permettant d’analyser simultanément plusieurs fonctions que les chercheurs ont démontré que ce n’était pas le cas, car seulement 20 à 50 % d’espèces seraient communes entre deux fonctions. Il faut donc ajouter des espèces pour chaque fonction additionnelle de l’écosystème. Au total, c’est deux à trois fois plus d’espèces que ce que l’on avait estimé jusqu’ici.

Ces résultats, publiés dans une récente édition de Nature, pourraient avoir un impact important sur la façon dont sont gérés les écosystèmes naturels. En effet, les chercheurs sont présentement à tester leurs idées sous les tropiques afin, en autre chose, de voir si un reboisement fait avec plusieurs espèces d’arbres est plus efficace qu’avec une seule.