Après les bars et les cafés de science, les boutiques de science feront peut-être leur première apparition au Québec ! En effet, un groupe de chercheurs de Québec compte démarrer une boutique de science en santé publique. « Notre boutique offrira trois services : des synthèses de connaissance, de la vulgarisation scientifique et des nouvelles connaissances », explique Florence Piron, professeure au Département d’information et de communication, et responsable du projet. La boutique de science desservirait l’Est du Québec et serait probablement installée au Centre de santé et de services sociaux de la Vieille-Capitale.

Les boutiques de science sont des lieux où les citoyens et les groupes communautaires peuvent poser des questions d’ordre scientifique auxquelles répondent gratuitement des chercheurs ou des étudiants gradués. Il s’agit d’une approche qui démocratise la science en y faisant participer les citoyens. « Dans un premier temps, les clients seront surtout des organismes, des associations, des groupes de citoyens, mais la boutique sera aussi ouverte aux individus », précise Mme Piron. Selon la chercheuse, les bénéfices associés à cette boutique seront nombreux. D’un côté, la population accédera à des connaissances en général réservées à l’élite, ce qui enrichira sa culture scientifique et lui permettra éventuellement d’améliorer sa santé. De l’autre, les chercheurs seront assurés de la pertinence de leurs travaux, en plus de se rapprocher des préoccupations des citoyens.

Évidemment, ce nouveau genre d’interaction entre le public et les experts implique plusieurs ajustements en termes de communication. « Les experts devront sortir de leur tour d’ivoire et les organismes communautaires devront accepter que leurs questions soient reformulées », constate Florence Piron. Et d’ajouter : « beaucoup d’échanges entre les intervenants seront nécessaires avant de concrétiser une demande de connaissance en question de recherche. »

Les boutiques de science existent depuis les années 70 en Europe. Elles sont nées dans les Pays-Bas et se sont depuis largement répandues. Chaque université néerlandaise possède jusqu’à une dizaine de boutiques de science spécialisées. La Communauté Européenne, quant à elle, soutient le concept par le biais de son plan d’action « Science et société » et son programme de mentorat Training and Mentoring of science shops (TRAMS). À l’échelle internationale, le réseau Living knowledge regroupe les boutiques de partout dans le monde. Le concept s’est même rendu à Shanghai, où l’Université Normale de Chine de l’Est (ECNU) a démarré sa première boutique, en 2006.

Pour en savoir plus

Article « Science shops », Wikipedia

Fondation sciences citoyennes