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Obama: une première pour les athées

Agence Science-Presse, le 20 janvier 2009, 9h00

(Agence Science-Presse) Les athées n’allaient pas la manquer, celle-là. Dans son discours inaugural, Barack Obama a accrédité leur existence. Ou du moins celle des « non-croyants » (non-believers). Un tout petit mot, un pas de géant pour un groupe généralement oublié.

« Une petite chose, mais appréciée », commente le blogueur P.Z. Myers. Lui aurait sans doute préféré « athée » —ou même, ajoute-t-il provocateur, « libre-penseur »— mais constate qu’il s’agit d’une forme de reconnaissance : les « non-croyants » existent aussi.

Applaudissements nourris à San Francisco, rapporte le journaliste d’un quotidien local, qui doute qu’une autre audience, ailleurs au pays, ait pu applaudir aussi fort à ce petit passage du discours.

"For we know that our patchwork heritage is a strength, not a weakness. We are a nation of Christians and Muslims, Jews and Hindus -- and nonbelievers."

C'est un bien petit mot à côté d'une cérémonie où, dans la première partie, la religion avait le gros bout du bâton sur la politique —mais comme le note Susan Jacoby, aucun des prédécesseurs de ce président n'aurait osé insérer ce mot dans leur discours inaugural.

[en ligne le 20 janvier; ajout, 21 janvier]

1 commentaire

Portrait de brightsfrance

Peu de commentateurs l'ont relevé, mais un autre signe qui peut être correllé est le recours, pour clôturer son discours d'investiture, à une citation de Thomas Paine, déiste (comme Jefferson, Voltaire ou Robespierre) mais considéré comme athée par les églises à l'issue de la publication de son livre "le siècle de la raison" écrit dans les geoles françaises parce qu'il avait commis l'outrecuidance, en tant que membre étranger de la convention, de se prononcer contre l'exécution capitale de Louis XVI. Thomas Paine c'est à la fois l'appel à la mythologie faisant partie du rêve américain de l'indépendance puis de la république, mais aussi une référence connue et identifiable à ceux des pères fondateurs (essentiellement Jefferson et Paine) qui ont établi la laïcité des Etats Unis d'Amérique, le fameux "mur de séparation" institué par le premier amendement.