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Les débrouillards

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L'anesthésie qui dormait au gaz

Agence Science-Presse, le 24 mars 2009, 10h00

(Agence Science-Presse) Dans ce que d’aucuns décrivent comme la plus importante fraude de l’histoire récente de la recherche médicale, un anesthésiste de renom se voit accusé d’avoir carrément inventé des données d’études cliniques sur lesquelles s’appuyaient au moins 21 recherches depuis 1996.

Il s’agit, dans la majorité des cas, d’études soutenant l’efficacité d’utiliser, après la chirurgie, une variété de médicaments —dont des anti-douleurs comme le Celebrex— plutôt que l'anesthésiant habituel. Ces études, au fil du temps, sont devenues abondamment cités dans la littérature de l’anesthésiologie, d’où l’importance de la fraude. D’autres articles du même auteur —il était prolifique— sont également en train d’être examinés.

Le détail qui tue : dans tous les médias, on accuse l’auteur, le Dr Scott S. Reuben, d’avoir fabriqué ces données pour renforcer l’usage de médicaments de Pfizer, le géant pharmaceutique.

C’est au terme d’une enquête interne que le Centre médical Baystate, au Massachussetts, a envoyé en janvier une lettre aux revues scientifiques concernées, leur recommandant de retirer les 21 articles de leurs archives respectives. Le Dr Reuben, qui était responsable là-bas du service antidouleur, serait à présent en « congé prolongé ».

L’affaire met en lumière le côté noir du processus de validation de l’information scientifique. C’est un processus qui se base sur une présomption d’honnêteté : le scientifique publie, dans l’une ou l’autre des dizaines de milliers de revues, en sachant que des collègues aussi férus que lui (ou plus encore), repasseront tôt ou tard sur ses pas et analyseront ses résultats à la loupe. La malhonnêteté n’est donc pas dans l’intérêt de quiconque.

Est-ce une « simple » affaire de malhonnêté, ou bien est-ce la pression croissante à publier —élément fondamental de la chasse aux subventions— qui expliquerait cette histoire? Bien malin qui pourrait le dire, écrit ce blogueur dans une longue analyse de ce dérapage. Mais ce n’est pas un hasard si ces dernières années, les autorités médicales, et certaines revues, ont resserré les règles de publication des résultats des essais cliniques. Ce resserrement est manifestement arrivé trop tard pour bloquer Reuben, qui avait commencé à se bâtir une solide réputation il y a une douzaine d’années. Reste à voir si la plus grande vigilance bloquera de futurs Reuben. Dans les mots d’un chirurgien-blogueur :

Le plus grave, c'est qu’il a gaspillé une énorme quantité de ressources et laissé derrière lui un énorme désordre que ses collègues devront nettoyer. Il faudra des années pour refaire les études qu’il a faites, ou pour permettre à d’autres chercheurs de déterminer si même le concept d’analgésie multimodale [qu’il a mis au point] est un concept valable. Il a trompé tous les anesthésiologistes qui, en s’appuyant largement sur son travail, en sont venus à accepter cette thérapie comme la meilleure pour leurs patients. Et il a trompé tous ces patients.

2 commentaires

Portrait de AF

Dans l'affaire Reuben, le "publish or perish" n'est pas le seul fait à remettre en question. Il y a aussi la part de plus en plus importante de l'industrie privée dans la recherche, non pas pour de la recherche fondamentale, mais pour de la recherche appliquée si ce n'est du développement, et cela aussi bien dans le domaine biomédical que l'alimentaire, l'énergie... Toutes les études l'ont montré : les articles de recherche appliquée (ou clinique) concernant des travaux financés par l'industrie privée présentent des résultats significativement plus positifs que les articles provenant de laboratoires indépendant de ces financements.

Portrait de paxaloup

n'ayez aucunes inquietude un nouveau medicament revolutionnaire arrive en 2010
le naproxcinod qui prendra la place du celebrex de pfizer

le celebrex fait monterla tension arterielle ,il est particulierement dangereux pour les hypertendus ce qui n'est pas le cas du medicament a nicox