La Semaine du Son
La ville-orchestre
(Agence Science-Presse) Le parcomètre siffle, la centrale électrique vrombit, les poteaux modulent. Les étranges bourdonnements de Montréal effacent les bruits urbains et le trafic. Au programme : la « musique » originale de la ville. Celle que l’on découvre à travers les Promenades électriques Montréal, présentées dans le cadre de la Semaine du Son, le festival de la Société de promotion de la science et de la technologie (SPST). L’expérience artistique nous immerge dans un environnement sonore inédit : celui des champs électromagnétiques.
Depuis 2004, la pionnière allemande du « soundart », Christina Kubisch, trace au cœur des villes d’innombrables errances sonores. Après Taïwan, Bremen, Londres ou Paris, c’est au tour de Montréal de jouer la ville-orchestre. Avec comme objectif de donner à entendre les circuits électriques et autres systèmes de communication, l’artiste a tracé un circuit où les signaux sont particulièrement puissants et intéressants.
1000 bornes sonores
Pour passer de l’autre côté du miroir, comme Alice au pays des merveilles, il faut un casque — à emprunter gratuitement au Goethe Institut – capable de transformer en fréquences audibles les rayonnements électromagnétiques de notre environnement urbain : feux de signalisation, affichages, bornes et parcomètres. Scrr, bzzz, puu... un monde sonore s’ouvre à vous.
Surtout, ne cherchez rien de bien mélodique dans cette « musique », mais plutôt de l’étonnement et la redécouverte de vos oreilles. Un mouvement de la tête et le vrombissement glisse au creux de votre oreille. Balancer ainsi la tête pour faire varier les vibrations captées et chercher un son précis en se collant l’oreille, ou plutôt le casque aux poteaux et autres signalisations électriques est très amusant. Mais pas trop près, pour que cela ne soit pas assourdissant!
Différentes formules de promenade (pressée, relax et à contre-courant) nous initient aux mille contrastes urbains : du plus fort (Hydro-Québec poste Berri) jusqu’au doux (Temple bouddhiste), en passant par le silence électrique de la place Ville-Marie. Le métro constitue une cathédrale électrifiée – c’est la destination favorite des participants. C’est là que les bourdonnements se marient avec les sifflements, les craquements et les autres chuintements pour former un véritable concert de sonorités. De quoi – presque — s’électriser de plaisir!
Pour en savoir plus
Promenades électriques Montréal


Le Goethe-Institut a acquis deux casques d'écoute de façon permanente, qui peuvent être empruntés durant les heures d'ouverture de l'institut.