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Si tu es individualiste, tu ne crois pas au réchauffement

Agence Science-Presse, le 5 novembre 2010, 17h00

(Agence Science-Presse) Si un scientifique annonce une découverte, allez-vous l’accepter comme étant fiable? Les scientifiques répondront que ça dépend de la valeur de cette recherche. Mais pour la majorité des autres personnes, ça dépend de leurs valeurs personnelles.

Si tu es individualiste, tu ne crois pas au réchauffement
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Si tu es individualiste, tu ne crois pas au réchauffement

The Cultural Cognition Project, à l’École de droit de l’Université Yale

L’article : Cultural Cognition of Scientific Consensus

En d’autres termes, la façon de voir la société qui nous entoure, et les idées qui gouvernent notre vie personnelle, déterminent si nous accepterons de faire confiance à un scientifique lorsqu’il dit, par exemple, que la Terre se réchauffe, selon une étude parue en septembre dans le Journal of Risk Research.

Une partie de cette conclusion n’est pas nouvelle : que le grand public soit méfiant envers la science n’est pas une découverte. Qu’il soit davantage enclin à croire au réchauffement climatique s’il est un partisan démocrate aux États-Unis, a déjà fait l’objet de sondages.

Mais que même face à un risque tangible (on peut ne pas croire que la Terre se réchauffe, tout en admettant que ce soit une possibilité), le citoyen moyen n’accorde de l’intérêt au consensus scientifique qu’en tout dernier lieu, voilà qui devient gênant... pour ceux qui font la promotion d’une meilleure culture scientifique.

Ce n’est pas une question d’ignorance face à la science, soulignent dès l’introduction de leur étude, Daniel Kahan et ses deux collègues de l’Université Yale. « Le problème, semble-t-il, n’est pas que les membres du public ne sont pas exposés à ce que disent les scientifiques, ou qu’ils y sont indifférents. C’est plutôt qu’ils ne sont pas d’accord avec ce que les scientifiques leur disent. »

Leur explication réside dans une série de mécanismes psychologiques, qu’en langage savant ils appellent la cognition culturelle : c’est-à-dire « la tendance à ajuster [notre] perception du risque avec les valeurs morales » que nous partageons avec notre entourage. La théorie de la cognition culturelle stipule que « les individus sont psychologiquement prédisposés à croire que le comportement qu’eux et leurs pairs jugent honorable est bénéfique à la société. »

Leur étude, menée à l’été 2009, s’est plus spécifiquement attardée à chercher une corrélation entre la façon dont des gens réagissent à des phrases comme « la Terre se réchauffe » ou « l’activité humaine est responsable du réchauffement planétaire » et deux types d’attitudes : l’attitude face à l’autorité (ou à une hiérarchie) et l’attitude face à la division gauche-droite (par exemple, « le gouvernement intervient trop dans nos vies »).

Résultat, les personnes les moins enclines à croire au réchauffement sont aussi celles qui penchent le plus à droite politiquement : 70% plus susceptibles que les autres de rejeter l’idée du réchauffement. Et ce, même lorsque mis en face de la biographie d’un expert, auteur d’un livre récent et travaillant dans une université réputée. « Les individus, renchérissent Kahan et ses collègues, attribuent plus facilement une expertise et une crédibilité à des sources d’information dont ils perçoivent qu’elles partagent leur vision du monde. »

3 commentaires

Portrait de sglsgl

Marrant ! On peut analyser sous un autre angle !

voir http://www.pensee-unique.fr/ site de résistance à la pensée unique par un chercheur
ancien membre de l'équipe de de Gennes... (voir photos )

un individualiste est par nature orienté à supporter la pression sociale
à laquelle d'autres cèdent, prioritisant le groupe et les croyances.

dans le cas de l'analyse de l'évolution du climat, et notamment
la plus rapide montée des thermomètres des pays riches de 1980 à 1998,

l'envie de trouver une faute et l'envie de montrer qu'on est responsable
a créé une énorme pression sociale et politique anti CO2... sur la base d'un "consensus"
"Ah, si ya concensus, alors je me range du coté du concensus"...

Heureusement, qq terriens individualistes dont quelques gaulois,
ont préféré donner la priorité à la rigueur scientifique qu'à la chaude et qqfois rémunératrice
appartenance au consensus...

Portrait de pascal

Bonjour Laurent. La rigueur scientifique, ce n'est pas toujours de prétendre que le consensus est faux. Il ne vous viendrait pas à l'esprit, je suppose, de dire, au nom de "l'individualisme gaulois", que l'évolution est fausse? Voici un texte qui pourrait vous intéresser, sur la signification du mot "consensus" en science:
http://www.skepticalscience.com/global-warming-scientific-consensus.htm

Portrait de asp

Le dessinateur Marc Roberts a commis quelque chose d’excellent sur la psychologie humaine face au réchauffement climatique —ou, pour le dire à l'envers, les racines de l’inaction humaine face au climat. A voir ici.