Une autre manifestation du pic automobile? Aux États-Unis, patrie de la voiture individuelle, davantage de personnes ont utilisé les transports en commun en 2013 qu’à tout autre moment depuis... 1956!

En chiffres: les Américains ont voyagé 10,65 milliards de fois en autobus, métro ou tramway en 2013, selon le dernier rapport de l’Association des transports publics (APTA). C’est la huitième année d’affilée que le total dépasse les 10 milliards, et c’est une croissance de 37% depuis 1995, soit supérieure à la croissance de la population (20%).

Le rapport, publié le 10 mars, laisse suggérer que la crise y a sûrement contribué: la hausse avait été particulièrement prononcée en 2008 (avec 10,6 milliards de transports), alors que les prix de l’essence avaient atteint un niveau record, qui n’a pas été égalé depuis. Toutefois, en 2013, les prix de l’essence étaient beaucoup plus bas, ce qui n’a apparemment pas nui aux transports publics. «Nous assistons à un virage fondamental dans la façon dont les gens se déplacent dans leurs communautés», affirme le président de l’APTA au New York Times .

Ce n’est pas la première fois que de telles données suggèrent qu’une transition est en cours. En septembre dernier, un rapport du Groupe de recherche sur l’intérêt public annonçait que le nombre de kilomètres parcourus au volant par les Américains avait diminué au cours de chacune des huit dernières années : du jamais vu en 60 ans de croissance automobile. Par ailleurs, la nouvelle génération conduit moins: seulement 69% des adultes de 19 ans avaient un permis de conduire en 2011, contre 97% en 1983. Enfin, en janvier 2013, une firme de conseillers financiers concluait elle aussi à un recul sur ces deux fronts, soit le nombre de kilomètres parcourus et le nombre d’Américains de plus de 16 ans à avoir conduit une voiture (49% en 2012 contre un sommet de 61% en 2005).

Conscient de ces chiffres, un colloque du Forum international sur les transports (une instance de l’Organisation pour la coopération et le développement économique) sentait le besoin, en novembre 2012, de mettre le pied sur le frein: il serait prématuré de parler de «pic automobile», prévenait-on. Mais la question gagne en importance ce début d’année 2014.