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L'Agence Science-Presse passe à la guillotine

Agence Science-Presse, le 12 décembre 2014, 16h40

(Agence Science-Presse) Le gouvernement du Québec signe peut-être l’arrêt de mort de l’Agence Science-Presse, la seule agence de presse scientifique dans la francophonie et un fleuron du journalisme québécois depuis 36 ans.

L'Agence Science-Presse passe à la guillotine
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L'Agence Science-Presse passe à la guillotine

[ Ajout 14 décembre, 20h30 ] Un communiqué du ministère annonce que l'enveloppe dévolue à la culture scientifique serait maintenue telle quelle. Les organismes concernés seront contactés cette semaine pour savoir ce qu'il en est pour chacun d'eux.

La directrice de l’Agence Science-Presse, Josée Nadia Drouin, a appris ce matin que la subvention de fonctionnement de 123 000$, représentant 70% du budget de l’Agence, sera entièrement coupée le 31 mars.

En mettant la hache, le gouvernement du Québec réduit au silence un média, qui, depuis 36 ans, a donné naissance au magazine Les Débrouillards, à d’inombrables reportages et chroniques dans les journaux, comme Le Devoir et La Presse, à des émissions de radio et de télé, en plus d’avoir été une pépinière de jeunes journalistes aujourd’hui reconnus. L’Agence Science-Presse, c’est aussi un des sites web d’information scientifique les plus importants de la francophonie: cette année, près d’un million de visiteurs, dont 40% viennent de France, assurant au Québec un rayonnement international rarement vu en science.

En affaiblissant Les Débrouillards et en voulant mettre à mort l’Agence Science-Presse, c’est à un journalisme scientifique indépendant des groupes d’intérêt, et déjà très fragile, qu’on s’attaque —et ce, à l’heure où des groupes aux poches plus profondes peuvent installer à Montréal des panneaux publicitaires niant l’existence des changements climatiques.

À tous les amis de l’Agence Science-Presse: faites circuler la nouvelle sur cette coupe aveugle. Partagez ce message avec tous ceux qui ont à coeur une information scientifique en français. Faites comprendre au gouvernement québécois et aux bailleurs de fonds pourquoi un soutien au journalisme scientifique est fondamental en 2015.

Mot-clic : #SauvonsASP

Contact : Josée Nadia Drouin
nadia@sciencepresse.qc.ca

1 commentaire

Portrait de Karine Saucier

En appui aux Débrouillards, à Agence Science-Presse, à l'association des communicateurs scientifiques, aux Expo-sciences et à tous les organismes qui ont à cœur la vulgarisation scientifique.

Étant jeune, j'ai été abonnée pendant des années au magazine des Débrouillards, appelé à l'époque "Je me petit débrouille". Mes parents, ne travaillant pas dans le domaine des sciences, n'étant donc pas adéquatement outillés pour alimenter ma curiosité scientifique, ont cru bon d'opter pour ce moyen. Aujourd'hui, je suis biologiste, je termine actuellement une maîtrise en environnement-microbiologie et mes choix de carrière ont sans aucun doute été motivés par le fait qu'étant jeune, j'aie pu avoir accès à ce magazine de vulgarisation scientifique. Ça a servi de stimulation de départ, d'étincelle qui a fait naître des passions.

Je songe à tous ces enfants (et adolescents - revue Curium) qui n'ont pas accès à une ressource de vulgarisation scientifique et qui, conséquemment, ne choisiront peut-être pas d'aller à l'université en sciences à cause d'un simple manque de stimulation. Quelle honte.

Je suis une universitaire de première génération (première de ma famille à terminer un programme universitaire) et si je n'avais pas eu sous la main des œuvres de vulgarisation scientifique, je ne serais pas là où je suis aujourd'hui. Dans un futur rapproché, je vais travailler dans mon champs d'études et je vais rapporter à l'état via mes impôts. Une personne éduquée, pensante, est une personne qui rapporte. Je ne peux comprendre qu'une poignée de gens, éduqués en plus (!), privent la société de demain des stimulations nécessaires à l'épanouissement de ceux qui ont les intérêts et capacités intellectuelles de réaliser de grandes choses.

Une formation universitaire pour tous les parents n'est pas accessible à tous, une revue de vulgarisation scientifique, ne serait-ce que via une bibliothèque, oui.