Au XIXe siècle, des vendeurs ambulants offraient de la poudre de perlimpinpin. Au 21e siècle, ils s’inventent des cancers sur Internet. Qu’est-ce qui se passe dans leurs têtes — et dans les nôtres, pour qu’on y croit ?

Les premiers partagent tous les traits des psychopathes, selon une compilation de 600 cas de fraudes survenues dans 78 pays entre 2011 et 2013. Un sur cinq a même reconnu avoir fraudé « juste parce que je le pouvais ». Mais comment expliquer que tant de gens tombent alors dans le piège ? La réponse offerte par la journaliste Maria Konnikova dans le New Scientist est simple, mais dérangeante : « Nous sommes bien plus mauvais à détecter des preuves que nous ne le voudrions ».

En fait, ce handicap nous sert : faire confiance, avoir un certain aveuglement face à la tromperie nous aiderait à nous sentir mieux, à mieux fonctionner et pourrait même avoir un impact positif sur notre santé. Et ceux qui utilisent le mensonge — comme Belle Gibson, devenue une célébrité sur Internet grâce à un cancer qu’elle avait inventé de toutes pièces — savent tirer sur les bonnes ficelles pour jongler avec nos émotions.