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Exxon: l'ami de la science embarrassant

Agence Science-Presse, le 23 février 2016, 13h04

(Agence Science-Presse) Pour les scientifiques, accepter des commandites de l’industrie pétrolière devient de plus en plus gênant. Une centaine d’entre eux viennent de réclamer que le plus gros congrès annuel mondial sur les sciences de la Terre, refuse désormais les commandites de la compagnie Exxon.

© Antikainen
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Invoquant le financement par Exxon des mouvements climatosceptiques pendant des décennies, 108 chercheurs ont mis en ligne lundi une lettre destinée à la présidente de l’Union géophysique américaine (AGU). L’édition de décembre 2015 du congrès de l’AGU avait rassemblé 24 000 personnes.

Exxon fait l’objet d’une enquête criminelle dans les États de New York et de Californie à la suite d’allégations, lancées en 2015, suivant lesquelles la compagnie aurait dissimulé pendant 30 ans ses propres recherches sur les risques du réchauffement climatique.

La lettre a été mise en ligne par le Musée national des sciences, un organisme qui, créé en 2014, se déplace à travers les États-Unis pour offrir des expositions temporaires. Parmi les signataires, des noms connus comme les climatologues Michael Mann et James Hansen, l’historienne des sciences Naomi Oreskes et le biologiste et ancien président de l’AAAS (Association américaine pour l’avancement des sciences) James McCarthy.

Leur effort s’inscrit dans une campagne entreprise l’an dernier, par laquelle des musées et des centres d’éducation scientifique ont été invités à couper leurs liens avec les compagnies gazières et pétrolières. Les signataires soulignent à cet effet les nouveaux statuts et règlements de l’AGU, adoptés en 2015 justement dans la foulée des révélations sur Exxon :

L’AGU n’acceptera pas de financement de partenaires organisationnels qui font la promotion et/ou diffusent de la désinformation sur la science, ou qui financent des organisations qui font publiquement la promotion de désinformation sur la science.

La communauté de l’AGU, qui regrouperait près de 60 000 membres à travers le monde, est composée de géologues et de géophysiciens, mais aussi de climatologues et d’environnementalistes, ainsi que de chercheurs et ingénieurs impliqués dans l’exploration et l’exploitation pétrolière.

La présidente de l’association, Margaret Leinen, a répondu que le conseil d’administration prendrait la demande en considération lors de sa rencontre d’avril.