Un laboratoire spécialisé dans la psychologie de l’alimentation est accusé d’avoir publié au fil des années des recherches de mauvaise qualité, très médiatisées mais impossibles à corroborer.

Le Food and Brand Lab (Labo de l’alimentation et des marques) de l’Université Cornell, dans l’État de New York, s’intéresse entre autres à la perception qu’ont les gens de la nourriture, aux tendances en matière de consommation et de marketing. Or, un billet de blogue publié en novembre dernier a conduit à découvrir 150 erreurs dans quatre articles récents... au grand dam du directeur du laboratoire, Brian Wansink, auteur du billet en question. Dans ce texte, il vantait le travail accompli par une nouvelle étudiante, qui avait produit tant de choses en si peu de temps que quelques-uns ont jugé l’histoire suspecte. Il en a résulté une analyse statistique qui, le 25 janvier, révélait ces 150 erreurs dans quatre articles — dont l’un, « Les hommes mangent davantage quand ils sont avec des femmes », a généré beaucoup d’intérêt médiatique. Les auteurs de cette analyse réclament à présent l’accès à la totalité des données, ce que le Labo leur refuse, invoquant la nécessité de respecter l’anonymat des participants. 

 

L’incident s’inscrit dans une décennie où la recherche en psychologie traverse une grave crise de la reproductibilité, avec de grands pans du domaine qui s’avèrent être remplis de recherches impossibles à reproduire.