On sait qu’il existe des parasites qui peuvent conduire des animaux à commettre des actions dangereuses, voire suicidaires. Pourrait-il en exister qui, à l’inverse, conduisent à des comportements généreux, altruistes ?

L’exemple le plus troublant est celui du Toxoplasma gondii, qui « manipule » le cerveau des souris au point où elles vont se rapprocher des chats. Comportement suicidaire, puisque le chat mange la souris… et le parasite se reproduit ensuite grâce aux crottes des chats. Or, on observe aussi dans la nature des comportements altruistes, qui semblent contraires à la logique de l’animal qui cherche à maximiser ses chances de survie.

Se pourrait-il qu’il y ait un parasite en arrière-plan ? C’est la question que se sont posée deux biologistes et un informaticien de l’Université de Tel-Aviv. À partir d’un modèle mathématique, ils concluent que la présence de microbes transmissibles connus pour la coopération entre leurs communautés, contribuerait effectivement à favoriser les comportements altruistes chez les animaux qui les accueillent. Il s’agit d’une simulation, donc d’un modèle virtuel : la preuve que ces microbes « communautaires » manipulent leurs hôtes pour assurer leur propre survie reste donc à faire. Mais dans leur modèle, à la fin de la simulation, les animaux porteurs des microbes « altruistes » étaient devenus dominants.