Pour les glaces de l’Arctique, l’hiver s’annonce (encore) mince. Alors que la saison de la fonte — là-bas aussi, c’est l’été — en a encore pour un mois et demi, le niveau de la calotte glaciaire est déjà en-dessous de la moyenne des minimums des années 1980.

Autrement dit, en comparant les seuils minimaux de couverture glaciaire atteints dans les années 1980 — c’est-à-dire en septembre chaque année — les glaciologues s’aperçoivent que la glace de 2017 a d’ores et déjà atteint ce seuil. Les données ont été publiées par un étudiant au doctorat de l’Université de Californie, Zack Labe. Elles montrent également, sans surprise, que si la tendance se maintient, la couverture glaciaire sera descendue, dans six semaines, sous les niveaux minimaux moyens des années 1990 et 2000.

Niveau des glaces de l'Arctique - Zak Labe / CC

Plus la glace fond, plus la quantité de l’océan exposée directement aux rayons du Soleil augmente, ce qui accélère le réchauffement de l’Arctique : sur la glace, une partie des rayons du Soleil « rebondissent », alors que l’océan, lui, les absorbe. Résultat, la hausse des températures mondiales de ces dernières décennies est plus prononcée dans l’Arctique que partout ailleurs dans le monde.

Au-delà de la perte d’habitat que cela signifie pour les ours polaires, cette fonte aura inévitablement un impact sur les courants océaniques et aériens. Déjà, ces dernières années, plusieurs ont émis comme hypothèse que des vagues de froid inhabituellement longues au-dessus de l’Amérique du Nord et de l’Europe — le « vortex polaire » — pourraient être la résultante de ces bouleversements dans l’Arctique. À présent, d’autres chercheurs britanniques et américains suggèrent que la fonte de la calotte glaciaire aurait déjà commencé à perturber une série de courants de l’Atlantique, incluant le Gulf Stream.

La nouvelle façon de présenter l’état des glaces polaires, telle que proposée par l’étudiant californien, a pour désavantage de perdre de vue les records battus semaine après semaine ou mois après mois, mais présente l’avantage, avec une perspective plus large, de faire davantage ressortir le recul à long terme des glaces.