Ça s’est passé il y a 130 millions d’années, mais c’est seulement cet été que la nouvelle nous est parvenue. Un fracas silencieux qui a ébranlé l’univers.

Ce battement d’ailes de deux étoiles à neutrons ne s’est pas seulement réverbéré jusqu’à notre système solaire. lI a fait frissonner la communauté des astronomes — 3000 signataires pour un des articles — ébranlé la littérature scientifique — des dizaines d’autres articles depuis — et brassé la matière noire cosmique comme un Jell-O — ou du moins, la perception que nous avons de ce Jell-O censé constituer 70 % de tout.

Or, la matière noire est la seule explication cohérente que nous ayons pour un cosmos dont l’expansion accélère tout aussi mystérieusement qu’un cycliste du Tour de France capable d’accélérer dans une ascension. De sorte que cette collision entre deux (étoiles) mortes est musique aux oreilles des experts jusque-là en manque de données pour expliquer les trous béants dans leurs théories : les radiations électromagnétiques et les rayons gamma émanant de cet événement survenu dans une galaxie très, très lointaine, sont autant de notes d’une partition musicale étrangère, dont le déchiffrement pourrait ouvrir de nouvelles dimensions sur ce grand tout.