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L'etat officiel du climat

Jean-Claude Mareschal, le 2 février 2007, 11h52

Le dernier rapport du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) a été publié vendredi 2 février à Paris. Une copie du rapport est disponible sur le site de la BBC.
Ce rapport contient une analyse des données les plus récentes sur l’évolution du climat et des prévisions à long terme. Ainsi que l’on pouvait s’y attendre, il ne contient que des mauvaises nouvelles.

Toutes les données récentes sur l’évolution du climat confirment que le réchauffement climatique présent est quasi certainement du aux activités humaines, cad à l’émission de gaz à effet de serre (GES), principalement de CO2. Le GIEC a donc envisagé un certain nombre de scénarios pour l’évolution des activités humaines au cours du siècle et a prévu leurs conséquences pour les émissions de CO2 et leur effet sur le climat global. Il y a donc deux sources d’incertitude dans les prévisions : l’une concerne l’évolution de l’économie mondiale et l’autre provient des modèles climatiques. Bien que tous les cas aboutissent à un réchauffement, la fourchette reste large parce que l’évolution de l’économie est beaucoup plus imprévisible que celle du climat.

On prévoit un réchauffement de la température annuelle moyenne de 1.8 à 4 degrés d’ici la fin du siècle. Les scénarios les plus pessimistes prévoient 6.4 degrés. La concentration de CO2 dans l’atmosphère se mesure en ppm (parts per million). Elle est passée de 270ppm en 1750 a 380ppm aujourd’hui. Si les émissions industrielles de CO2 étaient arrêtées, il faudrait 1000 ans pour que l’excès de CO2 soit éliminé et que l’on revienne au niveau pré-industriel. Même si l’on pouvait maintenir la concentration au niveau présent, la température du globe continuerait d’augmenter probablement de plus de 0.5 degré d’ici la fin du siècle. Si l’on tient aux objectifs de Kyoto, la concentration de CO2 continuera d’augmenter et le réchauffement sera nettement plus marqué.

On prévoit une augmentation de la fréquence et de l’intensité des événements climatiques extrêmes (ouragans, canicules, super marées, etc.).

On prévoit que le réchauffement affectera plus les régions de hautes latitudes proches des pôles et que le couvert de glace de l’Arctique disparaîtra complètement pendant l’été au cours de la deuxième moitié du siècle.

On prévoit une hausse du niveau de la mer de 28 à 45 cm d’ici la fin du siècle, dans l’hypothèse très optimiste ou il n’y aurait pas d’accélération du mouvement des grandes calottes glaciaires. Un article récent dans Science par exemple prévoit que la hausse du niveau moyen de la mer sera nettement plus élevée (0.5 a 1.5m d’ici 2100) que celle annoncée par le GIEC. Même s’il ne contient aucune bonne nouvelle, le rapport du GIEC est très prudent rapport et donc peut-être pas assez pessimiste.

Le GIEC doit publier plusieurs autres rapports cette année sur l’impact des changements climatiques et sur les mesures à prendre pour les mitiger.

"Second of February 2007 in Paris will be the day the question mark was removed as to whether human activity has anything to do with climate change. The focus and attention now shift to what on Earth we are going to do about it." Achim Steiner, directeur du programme environnement des Nations Unies.

4 commentaires

Portrait de Audrey

1/ Le niveau de dioxyde de carbone n'a en effet jamais été aussi haut dans l'histoire de la Terre (du moins depuis des centaines de millions d'années), donc quelque soit le chiffre, le taux est très haut.
2/ Cela reste à prouver... mais ne nous voilons pas la face, nous balançons dans l'atmosphère une quantité supérieure à 10%.
3/ Nous sommes dans une période inter-glaciaire et comme toutes les périodes I-G le climat se réchauffe de plus en plus, la glace fond, les paysages changent, des espèces disparaissent, d'autres apparaissent (il s'agit bien souvent des grands prédateurs qui se voient rayer de la carte). MAIS, l'augmentation des gaz a énormément accéléré ce processus naturel !
4/ Hahaha... désolée, mais j'espère qu'ils ne pensent pas à raconter une bonne nouvelle en disant cela... Oui après une période I-G, vient la période glaciaire et ainsi de suite. Or, les recherches ont montré que le changement s'est effectué en 10 ans lors de la dernière glaciation, donc de gros changements brutaux qui ne se sont pas étalés gentiment pour donner la possibilité à toutes les espèces de survivre. La Terre va se refroidir oui, et ce n'est pas une ânerie de dire cela comme beaucoup le dise... Mais si cela doit arriver, nous n'aurions plus qu'à prier d'y survivre, car si ça s'est déjà produit en 10 ans avec des conditions nettement moins catastrophiques, il se pourrait que le délai soit encore plus court la prochaine fois... Quand à la durée des deux types de périodes... elle est très variable... mais une période glaciaire provoquerait la destruction de toute notre société. Il faut arrêter de parler à très long terme pour ce genre d'évènement, c'est juste une façon de se dire que nous ne vivrons pas la chute de notre monde, mais si notre génération ne le verra pas, ça sera surement la prochaine qui y aura droit...

Je n'ai pas voulu être alarmiste dans mes réponses, j'y réponds c'est tout.
Si vous avez d'autres questions... j'essaierai d'y répondre. :)

Portrait de Karoline

y a-t-il eu réponse ?
Merci

Portrait de jean-claude mareschal

Les questions de Monsieur Bergeron sont importantes et meritent une reponse detaillee. J'esaierai de la fournir dans mon prochain blogue.

Portrait de François Bergeron

Bonjour Science Presse

J'aimerais que vous commentiez l'argumentation suivante, qui revient souvent dans les débats sur les politiques à adopter face aux changements climatiques:

1- Le niveau de dioxyde de carbone dans l’atmosphère est inférieur à 1000 parties par million (0.1%); de 300 à 600 selon la plupart des experts.

2- Plus de 90% de ce dioxyde de carbone vient de sources naturelles; moins de 10% de l’activité humaine, notamment de l’extraction et de l’utilisation du charbon pour produire notre électricité et du pétrole pour faire fonctionner nos véhicules.

3- On n'a pas la certitude que l'augmentation des gaz soit la cause du réchauffement: c'est peut-être le réchauffement (naturel, cyclique) qui favorise l'augmentation des gaz.

4- À très long terme, notre Terre est plutôt appelée à se refroidir puisque nous sommes présentement à la fin d'une période interglaciaire, typiquement d'une durée de 10 000 ans, alors qu'une ère glaciaire peut durer 100 000 ans!