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Blogue

Pour une science(-fiction) citoyenne

Mario Tessier, le 29 avril 2008, 21h43

Nous avons déjà discuté dans ce blogue, comme dans les blogues associés de l'Agence Science-Presse, de la nécessité pour les scientifiques et technocrates de développer une attitude de responsabilité civique et de considérer les implications citoyennes de leurs projets, non seulement dans notre vie quotidienne, mais également dans la vie de la cité.

La science-fiction a depuis longtemps tenté de responsabiliser les scientifiques en montrant les conséquences potentielles, positives ou fâcheuses, de l'utilisation de la science et de la technologie. Que ce soit dans les cas liés à bioéthique (comme le clonage, les chimères, ou les greffes animales), à des techniques dont les dangers sont mal connus (nanotechnologies, superaccélérateurs de particules, utilisation des plastiques comme contenants alimentaires) ou des dérapages du développement industriel, tel le réchauffement climatique, la science-fiction s'est efforcée de baliser les chemins peu ou prou désirables.

C'est pouquoi je vous invite à participer au congrès Boréal 2008, qui se tiendra les 9, 10 et 11 mai 2008, à l'Université Concordia. Si vous vous interrogez sur la pertinence, le rôle social et l'influence contemporaine de la science-fiction, venez prendre connaissance des communications qui auront lieu lors du colloque sur la science-fiction citoyenne. Ou venez rencontrez des éditeurs et des auteurs québécois, canadiens et américains, tels que Catherine Dufour, Karl Schroeder, Élisabeth Vonarburg, Joël Champetier, David G. Hartwell, Stéphane Marsan, Daniel Sernine, Natasha Beaulieu, Dominic Bellavance, Claude Bolduc, Christiane Duchesne, Mathieu Fortin, Sylvain Hotte, Julie Martel, Yves Meynard, James Morrow, Francine Pelletier, Esther Rochon, Patrick Senécal, Michael Swanwick, Jo Walton, et bien d'autres encore ! (Y compris votre humble serviteur...) C'est une occasion unique de vous frotter à des luminaires du genre, dans une atmosphère conviviale.

Au programme :

* tables rondes, rencontres, discussions, jeux littéraires
* lectures
* courts métrages
* mini-salon du livre de SF, fantastique et horreur, adultes et jeunesse
* expositions
* signatures

On pourra s'inscrire sur place au coût de 35 $ pour l'ensemble du congrès. Les tarifs à la journée : vendredi - 10 $, samedi - 20 $, dimanche - 15 $.

Dates : 9, 10, et 11 mai 2008
Lieu : Pavillon Henry F. Hall (7e étage)
1455 de Maisonneuve Ouest
Université Concordia, Montréal
(Métro: Guy-Concordia)

Cette année, Boréal fête son 25e anniversaire. Et l'année prochaine, Montréal accueillera sa première convention mondiale de science-fiction.

Soyez de l'événement !

4 commentaires

Portrait de Hubert

Merci de votre réponse. Le sujet est intéressant, j'essaierai de faire un tour au congrès

Portrait de Anonymous

Bonjour Hubert,

Il est vrai que la littérature n'a pas besoin d'être citoyenne. Quand elle endosse le manteau de l'activisme, elle prend le risque de devenir un art de seconde zone, dont la qualité peut souffrir des fins à laquelle on la force.

Mais dans le cas de la science-fiction, c'est une littérature qui a cultivé depuis ses tout débuts une saine critique de la science. En ce sens, elle joue les Cassandre, ou du moins les chiens de garde, vis à vis les usages incontrôlées de la technique, soit en matière de bioéthique, par exemple, ou sur les dérives dystopiques de la société. Pour les écrivains, la science-fiction demeure un espace de liberté pour explorer les idées. Disons qu'elle sert de gedankenexperiment pour la science moderne.

Le congrès Boréal propose donc une réflexion sur le sujet. Mais on ne règlera pas le monde pour autant!

Portrait de Hubert

Est-ce vraiment le rôle de la littérature d'être "citoyenne" ? Ne joue-t-elle déjà pas un rôle important en nous montrant le monde tel qu'il est ou tel qu'il pourrait être ? Les auteurs doivent-ils absolument endosser un rôle social ? Les questions m'intéressent, mais je ne suis personnellement pas certain que l'on puisse injecter tous ces pouvoirs et toutes ces intentions à la littérature.

Portrait de JLT

D'ailleurs, même si le site des <a href="http://www.science24heures....">24 heures de science</a> n'en parle pas, le congrès accueillera aussi une activité en tant que partenaire, une table ronde de deux heures animée par Chantal Srivastava, avec le philosophe Hervé Fischer, le dessinateur Jacques Goldstyn, l'artiste Florent Veilleux, le directeur littéraire Daniel Sernine et les auteurs Jean-Louis Trudel et Élisabeth Vonarburg.

Cette table ronde intitulée « La fiction des savoirs ou les savoirs de la fiction? » s'interrogera sur la place de la fiction dans la communication des savoirs. Dans le cadre de la troisième édition de l'événement 24 heures de science, les rapports entre science et fiction sont examinés par les panélistes. Science et fiction s'opposent-elles? La fiction aide-t-elle à penser le monde... au point de trop peser sur la représentation de la science dans la société? Mais les scientifiques eux-mêmes n'inventent-ils pas des fictions pour avancer?