Je me suis fait dire de me présenter. C'est vrai que c'est mon premier blogue. À vie. Donc, presque personne ne me connais ici. Alors donc, voici.

Testing, testing, 1 2 1 2, patates p... Vous m'entendez? Y'a quelqu'un pour m'entendre? Si un blogue tombe dans le cyberespace mais qu'il n'y a personne pour l'entendre, fait-il du bruit quand même?

Je m'appelle Antoine. Je suis astrophysicien et je travaille actuellement dans le département de physique de l'Université McGill. En fait je suis postdoc dans le groupe de recherche sur les pulsars sous la direction de Vicky Kapsi. Ne vous inquiétez pas, je vais probablement parler de pulsars dans une chronique future. Pour ce que c'est un postdoc, le seul élément de réponse que je peut donner est la définition à la négative qui caractérise la position: c'est ni un employé, ni un étudiant. Je vous jure, c'est ma description de tâche. C'est sur mon contrat, tout.

Donc je suis à McGill pour faire de la recherche (et juste de la recherche), de préférence sur les pulsars. Ma spécialité ce n'est pas les pulsars, loin de là, en fait c'est la radio-astronomie et l'évolution des galaxies. Je vous en reparlerai aussi de la radio-astronomie. Et peut-être de l'évolution des galaxies, si vous êtes sages.

Bon, sans entrer dans les détails, ceux qui savent un peu c'est quoi des pulsars vont se demander comment j'en suis arrivé là. La réponse est relativement simple. Je voulais revenir au Québec, à Montréal. Le problème de nos jours c'est que pour un astrophysicien, revenir à Montréal c'est pas facile. Il y a deux universités qui peuvent potentiellement nous employer et c'est tout. J'ai appliqué sur plein de postes et j'ai pris le premier qu'on m'a offert. Me voici donc, ça fait trois mois que je suis revenu... Ça fait drôle, j'immigre dans la ville où j'ai passer presque toute ma vie. Attendez là, je saute des étapes...

J'ai commencé ma carrière d'astrophysicien un peu sur un coup de tête. C'était en 1999, j'étudiais au bac en physique à l'Université de Montréal et, un peu par manque d'imagination à l'époque, j'ai décidé de m'inscrire à la maîtrise. Pour ce faire, il fallait se choisir un projet de recherche. J'ai donc été voir quelques profs leur demander ce qu'ils offraient. Cet exercice se révéla, somme toute, plutôt in-inspirant. Je suis alors entré dans le bureau de Claude Carignan. Il m'a dit qu'il avait 2 ou 3 projets possibles et que pour l'un d'eux, j'aurais à passer quelques mois en Australie... Honnêtement, je ne sais pas du tout ce qu'il a dit après, je n'écoutait pas. Avec le recul, je suis certain qu'il a dû parler de galaxies naines, d'interactions gravitationnelles, de populations stellaires, etc. Dans ma tête je cherchais c'était où exactement l'Australie. ("Il y a des vikings?... Ehhh non... je penses pas... Ah oui! Je sais! Les koalas et les kangourous... C'est bon, j'y vais!") Et je suis allé.

Je suis resté trois mois en Australie, suis revenu à Montréal terminer ma maîtrise et j'y suis retourné quatre ans, histoire de faire un doctorat. J'étais à Canberra. Quoi? Vous savez pas c'est où Canberra? C'est facile, c'est la seule ville qui n'est pas sur la côte (grrrrr). Après, j'ai habité à Lyon (France) pendant deux ans. Et puis, j'ai passé deux autres années à Cape Town (Afrique du Sud) avant de revenir ici.

Donc j'ai habité dans quatre pays différents et sur quatre continents dans les 10 dernières années. Et là, je reviens à Montréal... Puis-je vous dire que je ne vois plus la ville et le pays de la même façon? Mais pas du tout?

Donc là, on me demande de faire un blogue et je ne sais pas de quoi je vais parler. De tout et de rien, j'imagine. D'astronomie surtout (Ça se classe dans tout ou dans rien, ça? Hmmmm.) Mais probablement aussi de la recherche scientifique au Québec et dans le reste du monde. J'ai des opinions assez fortes là dessus et je risque de froisser des honneurs. Je ne suis pas du genre à cracher sur tout et n'importe quoi, mais je ne retiendrai pas mes coups pour autant. Vous verrez.

Bref, c'est moi. J'espère que la tribune n'étais pas vide. C'est très étrange de lancer quelque chose dans le cyber-espace, dans le noir total de mon point de vue. J'aime pas ça, c'est trop impersonnel... Ça vous dérangerais si je vous demandais de me faire un petit signe? Vous êtes qui? C'est quoi vos noms? Même si vous lisez ceci dans 4 ans, j'aimerais quand même savoir si vous êtes passé par ici. Dans les commentaires, dites-moi vous êtes qui, que vous avez un nom, que vous êtes passé. Svp.

Antoine wuz here 15 mars 2010