Qu'est-ce que la science en 2010? La science amateure, la science théorique, la science interdisciplinaire? Saviez-vous par exemple qu'on peut mesurer la vitesse de la lumière avec du chocolat ou de la guimauve et un micro-onde? Je m'intéresse à tous ces sujets depuis vingt-cinq ans et je ne cesse d'être émerveillé par tout ce qu'on invente de nouveau sous le soleil. Aujourd'hui, l'amateur s'est pris en main de façon fulgurante pour aller jusqu'à se doter de sa propre encyclopédie, Wikipedia. Sans parler de tous les aspects décentralisés comme les blogues, les signets partagés, le web sémantique, les forums ouverts, etc.

Internet, c'est ma lentille. De la même façon que Nathalie en parle à la fin de son billet inaugural, c'est la matière première qui nourrit mon esprit, mes réflexions et qui met du beurre sur mon pain. Je suis autodidacte (mais je préfère dire que « j'étudie à mon compte ») et je ne pourrais imaginer vivre à une autre époque. Nous avons accès à tellement de ressources de qualité, c'en est étourdissant.

J'ai découvert le chercheur en science cognitive Douglas R. Hofstadter quand j'étais encore à l'école secondaire. D'abord son opus Gödel, Escher et Bach, puis Ma Thémagie et plus récemment ses autres livres, dont Le Ton beau de Marot. Ce dernier trouve son point de départ dans un poème de 28 lignes et en offre une soixantaine de traductions et d'analyses, le tout sur plus de 800 pages. Mais ces traductions ne sont qu'un prétexte pour approfondir des sujets comme l'intelligence, la trahison, le sens, la culture, la pensée, les analogies, etc. Comme GEB, c'est un livre touche-à-tout mais écrit sur un ton beaucoup plus personnel. Si je vous en parle, c'est pour souligner la sérendipité qui nous amène aujourd'hui au mouvement du libre accès, un sujet qui m'intéresse tout particulièrement.

Ma Thémagie, c'est une collection de chroniques publiées par Hofstadter dans la revue Scientific American . Celle qui me concerne aujourd'hui porte sur un jeu assez particulié, le Nomic, qui consiste à changer les règles du jeu. Inventé par le professeur de philosophie Peter Suber pour illustrer le paradoxe de l'auto-amendement. Quel est le lien avec le libre accès? Peter Suber en est l'un des défendeurs les plus actif.

Libre accès, logiciels libres (on dit parfois open source software), culture libre, science ouverte, etc., voilà autant de sujets dont j'espère révéler et explorer avec vous les nuances, forces et faiblesses tout au long de ma participation à ce carnet.

Nous vivons à une ère tellement spéciale, excitante, où tous et chacun peut contribuer et apprendre dans une boucle cybernétique - et j'utilise le terme dans son sens original, celui de direction, de rétroaction. Nous mettons en ligne tellement d'information sur tous les sujets imaginables, même le luddisme. Mais un danger nous guette tout de même, c'est la pérennité de toutes ces informations. Imaginer pour un instant que vous êtes archéologues et que vous découvrez un iPhone. Aucun bouton pour nous donner un indice de sa fonction... je plains ceux qui viendront après nous. Et c'est un peu ce qui risque d'arriver avec toute cette information virtuelle. Plus personne ne correspond par des lettres à la poste, comment, dans le futur, pourra-t-on comprendre notre époque? Nous sommes à l'ère de l'information, mais cette information vivra-t-elle au delà de quelques générations? Quelles ruines laisserons-nous derrière si tout est dans le virtuel?

Voilà un peu les sujets que je veux aborder, parfois avec humour, mais gardant toujours à l'esprit l'énorme importance de ce que nous construisons aujourd'hui. En espérant que vous ne me trouverez pas trop échevelé :)

Photo © 2009 James Vaughan - licence Creative Commons BY-SA