Discutez avec nos experts! - Sélection naturelle: l'humain une exception?
L'humain est-il un animal strictement culturel ou son comportement est-il en partie inscrit dans ses gènes? Venez en parler avec nos experts, jusqu'au 13 octobre!
Ce billet s'inscrit dans le cadre d'un événement présenté le 6 octobre au Coeur des Sciences de l'UQÀM: Sélection naturelle: l'humain une exception?.
Depuis des décennies, cette question divise les scientifiques des sciences biologiques et des sciences sociales. Pourquoi? Quelles sont les dérives possibles de l'approche évolutive? Et quelles sont, à l'inverse, les conséquences de l'ignorer?
Avec la participation de:
- Frédéric Bouchard, professeur au département de philosophie de l'UdeMl;
- Jacques Forget, professeur au département de psychologie de l'UQAM;
- Yves Gingras, professeur au département d'histoire de l'UQAM;
- Luc-Alain Giraldeau, professeur au département des sciences biologiques et vice-doyen à la recherche de l'UQAM.
Vous avec assisté à la conférence et vous voulez en savoir plus? Vous n'avez pas assisté à la conférence et vous avez des questions? Des commentaires? Des interrogations sur l'évolution ou sur l'humain en tant qu'animal? Vous êtes au bon endroit: messieurs Bouchard et Gilardeau vous répondront, ici même, pour une semaine!
Les recherches de Frédéric Bouchard s'attaquent principalement au concept de fitness et de son rôle dans la théorie de l'évolution. Le processus de l'évolution par sélection naturelle étant souvent résumé par l'expression "survival of the fittest", il essaie d'expliquer comment les biologistes et les philosophes définissent et mesurent cette fitness. En tant que philosophe de la biologie il s'intéresse également à diverses questions d'épistémologie des sciences de la vie telles la nature des explications en écologie.
Luc-Alain Giraldeau fait quant à lui des recherches sur le comportement des animaux. Utilisant une approche d’écologie comportementale ou en d'autres mots, la manière dont l'écologie d'une espèce a contribué à lui donner ses caractéristiques comportementales. Les comportements qui l’intéressent plus particulièrement sont ceux qui se rapportent à l’approvisionnement, c’est-à-dire la recherche et la consommation de nourriture, et plus particulièrement aux acteurs qui contribuent à une réduction de l’efficacité de l’exploitation des ressources.
35 commentaires
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par Luc-Alain Giraldeau
il y a 1 année
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J'ai bien apprécié ma première expérience de blogueur. À la prochaine j'espère! |
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par Frédéric Bouchard
il y a 1 année
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Merci pour la bonne discussion |
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par Nathalie Guimond
il y a 1 année
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Une petite dernière pour vous deux. ;) |
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par Luc-Alain Giraldeau
il y a 1 année
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Timothy Taylor semble être en mal de publicité. |
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par Frédéric Bouchard
il y a 1 année
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Je partage les réticences de Luc-Alain. Parler d’affaiblissement suggère implicitement 1-que la force physique est intrinsèquement supérieure à d’autres capacités (ce qui est absurde comme nous en avons déjà parlé) 2- et surtout que la force physique évaluée d’une seule manière compte! Or comme le mentionne Luc-Alain il faut bien comprendre la notion de phénotype étendu (l’idée que nos traits ne s’arrêtent pas nécessairement à notre barrière cutanée). Plusieurs projets en biologie s’intéressent à comment les organismes (non-humains) utilisent des structures externes (des outils si vous voulez) pour augmenter leurs chances de survie et de reproduction (extended phenotype, niche construction, etc). Or la capacité de manipuler ces structures est en partie génétique (et donc le résultat de l’évolution par sélection naturelle). Je recommande vivement le livre de JS Turner (The extended organism) .Les espèces de termites construisant des termitières sophistiquées sont-elles inférieures aux variétés de termites ayant évolué des réponses physiologiques permettant d’éviter la construction de termitières sophistiquées? Bien que sûr que non. Elles ne sont ni supérieures ni inférieures ou plutôt la seule question est de savoir si les adaptations physiologiques et comportementales (qui se traduisent par l’utilisation d’objets externes) contribuent à la survie et à la reproduction. Il faut éviter les jugements de valeurs par rapport aux traits. La myopie n’est pas bonne ou mauvaise en soi. Tout dépend des pressions de sélection et de comment l’espèce répond aux pressions de sélection. |
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par Richard Le Gendre
il y a 1 année
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L'Humain est une oeuvre inachevée...alors il fort à parier que le futur de celui-ci recèle une histoire mystérieuse où l'on verra ressurgir en lui de nouvelle facultés extraordinaires...et aussi...les traits du visage et le corps s'affiner...et muter dans des proportions inattendues...sous-tendant de nouvelles possibilités d'épanouissement...c'est l'histoire de l'humanité entière...cette incroyable procession vers la fin des temps ... l’achèvement de cette oeuvre qu'est L'Homme et la Femme... |
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par lucas
il y a 1 année
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Bonjour Richard, Est-ce que c'est un commentaire ou une opinion ? Peu importe, je prends l'initiative de vous commenter, je voulais vous faire part de ce que je trouve incorrecte dans votre spéculation. Un oeuvre est quelque chose qui s'achève, tandis que l'évolution n'a pas de fin. Penser que l'humain évolue au point d'avoir de nouvelles facultés est un peu exagéré et avant-gardiste, l'évolution se fait sur une très longue période de temps. Tellement longue, que je doute que nous puissions évoluer à respirer la pollution que nous avons créé, avant la fin des temps, ou plutôt de la vie humaine. En espérant que les bactéries survivent à nos bêtises environnementales, l'évolution recommencera au niveau de "Bactérie" tel un gros bouton reset. |
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par Sandrine Hébert
il y a 1 année
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Lucas, je pense plutôt que Richard fait de la poésie. :) |
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par Éric Bolduc
il y a 1 année
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est-ce vrai que notre cerveau rétrécit depuis quelques temps, alors que la population humaine subit de moins de sélection naturelle et que les conditions de vie sont de plus en plus faciles pour un plus grand nombre, nos capacités cérébrales ne seraient plus sollicitées comme elles le furent lors de notre croissance au cours des millénaires qui nous ont vu évoluer .. sommes-nous en tant qu'espèce en dévolution ? |
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par Luc-Alain Giraldeau
il y a 1 année
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Bonjour Éric, |
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par Frédéric Bouchard
il y a 1 année
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Malheureusement Éric je ne connais pas la réponse à cette question, mais franchement je suis sceptique...d'abord la prémisse que nos conditions sont plus faciles reste à démontrer (à l'échelle de l'espèce -et non de quelques privilégiés occidentaux- la vie est encore très dure et même pour les favorisés, nous naviguons un monde très complexe demandant beaucoup de capacités cognitives). Mais MÊME si cette prémisse s'avérait justifiée, je doute que l'on puisse observer cette baisse cognitive (l'évolution par sélection naturelle prend beaucoup beaucoup beaucoup de temps!). je reviens sur le thème de la 'dévolution' plus tard |
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par Nathalie Guimond
il y a 1 année
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Bonjour et merci de vos explications! Je suis curieuse de connaître votre point de vue sur les théories tranhumanistes. Avez-vous déjà travaillé sur le sujet? J'imagine que cette optique est difficile à éviter dès qu'on se penche sur l'idée du futur de l'espèce humaine. |
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par Luc-Alain Giraldeau
il y a 1 année
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J'avoue ne pas savoir ce qu'est une théorie transhumaniste! |
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par Nathalie Guimond
il y a 1 année
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par Luc-Alain Giraldeau
il y a 1 année
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Wow, merci pour le lien. C'est très semblable à l"Eugénisme comme philosophie, non? Je pense que l'idée de vouloir sciemment améliorer l'humain est extrêmement dangereuse. Qui décide de ce qui est mieux? Non, pas pour moi, transhumanisme ce n'est pas acceptable. |
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par Nathalie Guimond
il y a 1 année
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Je vous l'accorde, il s'agit d'un terrain extrêmement glissant, et il doit certainement exister certaines factions radicales qui penchent du côté de l'eugénisme, à ma connaissance, ce n'est par contre pas le cas de la majorité de ses adeptes. |
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par Nathalie Guimond
il y a 1 année
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Parlant de modifier l'humain par la technologie: http://blogs.discovermagazine.com/80beats/2010/10/08/a-new-exoskeleton-allows-paralyzed-people-to-walk-again/ ;) J'ai une deuxième question qui recoupe celles d'Éric et de Sandrine: Si la technologie fait en sorte que certains gènes "faibles" ne sont plus évacués de notre pool génétique parce que nous avons des médicaments, prothèses et autres qui nous permettent de survivre et de nous reproduire malgré certains "handicaps", l'humain, vraisemblablement, "s'affaiblit" physiquement comme espèce. Mais il doit bien y avoir un autre côté à cette médaille? On doit bien y gagner en autre chose? Est-ce que notre cerveau y gagne en matière grise ou en matière blanche, par exemple, puisqu'on doit traiter de plus en plus d'informations? |
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par Luc-Alain Giraldeau
il y a 1 année
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Merci encore pour ce nouveau lien. Les paraplégiques sont un exemple extraordinaire en appui à ce que je disais. D'abord la plupart des cas de paraplégie sont le résultats d'accidents et non pas le résultat d'une prédisposition génétique. Donc il n'y a pas de "gènes de la paraplégie" à transmettre comme tel. De plus, la vaste majorité des paraplégiques ne peuvent se reproduire ce qui même s'ils avaient une quelconque prédisposition génétique à devenir paraplégique ne pourrait se transmettre du moins, facilement. Donc, seules les maladies génétiques qui affligent les gens en âge de reproduction et que nous réussirions à palier avec des technologies de santé risqueraient d'augmenter dans la population. Mais même avec les meilleures soins de santé, ces personnes malades arrivent rarement à se reproduire avec autant d'aisance que les autres ou à prendre soins le leur petits et de leur donner autant de ressources que les autres. Bref il est peu probable que nos soins de santé causent une évolution. En terminant, il est important de nous rappeler que la vaste majorité des humains vivent dans des conditions très différentes des nôtres et souvent tellement pauvres qu'ils ne peuvent espérer pouvoir tirer profit des technologies de santé que nous développons pour nous aider. Il est donc encore plus improbable qu'à l'échelle de l'humanité au complet une évolution directionnelle soit en train de se produire. |
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par Sandrine Hébert
il y a 1 année
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Bonne question ! Dans le même ordre d'idée, est-il possible qu'une nouvelle espèce humaine se développe dansle futur ou sois déjà en train de se développer ? |
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par Luc-Alain Giraldeau
il y a 1 année
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Oui, mais si c'est une autre espèce elle porterait un autre nom, Homo quelque chose. Serions-nous toujours présent? |
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par Frédéric Bouchard
il y a 1 année
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Il y a plusieurs thèmes dans les dernières questions mais voici deux idées générales qui doivent être soulignées. 2-Par rapport à la question générale de savoir si l'être humain évolue, "dévolue", etc. d'abord évolution n'est pas synonyme de progrès. Il ne faut donc pas croire qu'on s'améliore de manière absolue. L'idée de dévolution suggère une régression et donc une directionnalité à l'évolution. Or l'évolution n'a pas de direction (nous pourrions devenir des organismes plus simples si les pressions de sélection le favorisait. Mais outre ce point, pour que toute adaptation émerge, les pressions de sélection doivent être assez stables et continues pour que de petits changements bénéfiques puissent s'accumuler à travers le temps. Si l'environnement est trop 'erratique' (par exemple, un jour le prédateur vient du ciel, l'autre jour du sol, l'autre jour pas de prédateur, etc sans aucune répétition) la sélection ne peut pas être cumulative et une adaptation n'émergera pas. Il y aura sélection, mais il n'y aura pas de réponse à la sélection car les 'problèmes' de l'environnement changeant tout le temps, les espèces ne peuvent pas engendrer de bonnes 'solutions' (adaptations) à ces problèmes. C'est exactement ce que plusieurs pensent être le cas pour l'être humain. Plusieurs (surtout les psychologues évolutionnistes) croient que la civilisation humaine contemporaine est trop changeante, et ce trop rapidement, pour qu'il puisse y avoir accumulation de petits changements dans une direction phénotypique plutôt qu'une autre. C'est la raison qu'ils postulent que l'être humain n'évolue plus. Je suis sceptique par rapport à cet argument. Je crois que l'être humain s'est détaché de plusieurs environnements de sélection naturels (plusieurs maladies, infections, etc), mais je crois que c'est de l'hubris de croire que nous ne sommes complètement arrachés à la sélection naturelle. Le fait que nous ne puissions pas voir des exemples d'adaptation est complètement normal: l'évolution prend beaucoup beaucoup beaucoup de temps. Comme je le disais plus tôt, parasites, météorites et autres 'surprises' nous rappelleront probablement que nous sommes encore sujets à la sélection naturelle comme les autres animaux, plantes, etc, intelligence ou pas. Quant à savoir quels traits seront favorisés...personne ne peut le savoir! Présumer que des traits 'flexibles' (comme l'intelligence par exemple) sont meilleurs dans plusieurs environnements que des traits spécialisés ne s'avère pas facilement justifié: plusieurs bactéries ont des trait spécifiques et sont sur Terre dans plusieurs environnements depuis plus longtemps que la plupart des espèces sur Terre...encore une fois tout dépend tout les temps des pressions de sélection en cause |
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par Nathalie Guimond
il y a 1 année
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"L'évolution n'a pas de direction"; merci beaucoup de nous le rappeler! |
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par Isabelle Burgun
il y a 1 année
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Bonjour, Je suis fascinée par la question de l'acquis vs l'inné et sur tout la faible différence qui semble nous séparer de nos proches cousins (quelques gènes). Sommes-nous plus le fruit de notre culture ou un animal avant tout, en d'autres mots, quelle est notre véritable nature ? J'ai malheureusement manqué votre conférence, mais après lecture de deux ouvrages passionnants : La plus belle histoire de l'homme (ou comment la Terre devint humaine, Langaney, Clottes, Guilaine et Simonet, Seuil) et Les origines de l'homme (M.H Alimen, Fayard), j'ai quelques autres questions : - Est-ce que l'homme de Néandertal a disparu par manque d'adaptation ? peut-on dire manque de culture ? (et était-il si différent - culturellement, pas physiquement, de l'homo sapiens de l'époque?) Disparait-on toujours lorsqu'on ne s'adapte pas ? - Lorsqu'on regarde autour de nous nous avons tendance à croire que nous sommes très loin de nos ancêtres préhistoriques - l'homme a cependant vécu en chasseur-cueilleur pendant 2 990 000 ans sur 3 millions d'années -ne sommes-nous pas encore dans la préhistoire de l'humanité ? - Quelle est la place de l'art dans notre histoire culturelle ? Peut-on dire que ce n'est pas la technique (après tout certains animaux utilisent des outils) - ni le rire ;-) - qui nous sépare des animaux mais bien notre sens du sacré, des rites et notre volonté de s'approprier le monde à travers sa représentation (des dessins des cavernes à Dali) ? |
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par Luc-Alain Giraldeau
il y a 1 année
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Bonjour Isabelle, On ne connaît pas la cause de la disparition de l'Homme de Neandertal. Il existe des causes aléatoires pour la disparition des espèces, surtout lorsque leur effectif est déjà faible. Ils sont alors vulnérable aux aléas de la vie. Une météorite géante aurait causé la disparition de centaines d'espèces, mais on ne peut pas vraiment dire que c'est à cause d'une mauvaise adaptation. Autour de nous n'est pas une représentation fidèle de ce que représente la vie quotidienne de notre espèce. Nous sommes quelques millions de privilégiés en occident à faire usage de la vaste majorité des ressources du globe. La majorité des humains vivent dans des conditions plus pauvres que nous dans des sociétés très différentes des nôtres. C'est surtout eux l'Homme, du moins en nombre. Je laisse au philosophe Frédéric le soin de répondre à vos questions sur la place du sacré... |
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par Frédéric Bouchard
il y a 1 année
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C'est en effet Aristote qui croyait que ce n'était pas l'art qui distinguait l'homme des animaux mais le rire! En fait on croit aujourd'hui que d'autres primates rient aussi, donc il faut peut-être revenir à d'autres hypothèses, comme l'art. Le premier problème c'est de définir ce qu'est l'art. On regroupe plusieurs activités sous l'enseigne "d'art" mais il est fascinant de voir comment l'attribution du terme est problématique (plusieurs croyaient que Pollock faisaient des gâchis et non de l'art!). Donc avant même de se demander si l'Art nous distingue des animaux, il faudrait d'abord le définir. Si on parle de représentation symbolique complexe, alors il est plus difficile de voir en quoi il nous est unique. Plusieurs animaux ont des communications complexes (je glisse ici de représentation à communication car c’est notre seule manière pour le moment de faire un parallèle avec les animaux). Quant à savoir si elles sont symboliques ou non c'est plus difficile car nous ne pouvons pas leur demander directement...mais j'aurais tendance à croire que notre capacité à représenter des choses de manière symbolique et complexe est à niveau plus primitif présent ailleurs dans la nature. Je ne m'attends pas à voir des bonobos composer des opérettes, mais ils peuvent communiquer des choses relativement sophistiquées et on a de bonnes raisons de croire que plusieurs primates ont une théorie de l esprit (c-à-d comprennent que les autres ont des états mentaux qui influent sur leurs comportements). Si la représentation complexe nous distingue, il faudrait y voir une différence de degrés et non une distinction absolue. Mais je ne m'y connais pas très bien en paléoanthropologie et en primatologie donc je vais revenir à un élément de la première question: Disparait-on toujours lorsqu'on ne s'adapte pas ? Le biologiste Leigh Van Valen a émis le Red Queen Hypothesis dans les années 70. Le nom était une allusion à Alice au Pays des merveilles où un des personnages suggère que dans certaines situations il faut courir pour rester sur place. Or, Van Valen s'intéressait au fait que par leur simple présence et action, chaque espèce modifiait nécessairement l'environnement pour lequel elle s'était adaptée dans le passé. Ainsi, chaque espèce provoque nécessairement des changements dans les pressions de sélection qui l'influencent et donc les espèces qui réussissent à s'adapter survivent un peu plus (jusqu'à ce que leurs nouvelles adaptations modifient à nouveau leurs environnements de sélection) alors que les autres sont condamnées à disparaître car même en ne changeant pas une espèce change son environnement et est donc de moins en moins bien adaptée . Il faut donc changer constamment pour garder sa place dans l'économie de la nature (le RQ hypothesis a d'autres aspects très intéressants, mais ils dépassent notre discussion) Une manière plus simple de comprendre le problème est de voir les espèces dans une espèce d'incessante course aux armements. Prenons des lièvres et des lynx. Une espèce de proie qui 'gagne' en rapidité force son prédateur à changer aussi, ce qui force la proie à changer, ce qui force le prédateur à changer et ainsi de suite. Comme les pressions de sélection changent nécessairement de par le changement des espèces dans un environnement donné, toute espèce qui ne change pas, ou qui ne change pas assez vite, risque plus l'extinction que les espèces qui génèrent beaucoup de variation. Par chance certaines variations seront 'bonnes' face aux nouvelles pressions de sélection ce qui permettra peut-être à l'espèce de perdurer. Une espèce qui change peu ne survit que parce que son environnement de sélection ne change pas trop, mais cette 'immobilité' est totalement contingente, temporaire, instable. Leçon: la plupart du temps (mais pas nécessairement toujours), c'est en effet changer ou mourir. |
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par lucas
il y a 1 année
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Merci pour les commentaires, c'est très intéressant! (Effectivement, la sélection naturelle AVANT la vie est une autre question et elle est encore plus hypothétique que l'évolution APRÈS le début de la vie.) Luc-Alain Giraldeau : "j'ai posé les questions suivantes: est-il possible que cette part inconsciente qui dirige nos comportements ait pu avoir été sous l'influence de la sélection naturelle? Est-il possible que les humains ancestraux qui optaient pour les mauvais choix au sens adaptatif n'aient laissé aucune descendance de sorte qu'aucun d'eux ne puisse être un de nos ancêtres? Est-il possible que nous descendions d'une longue lignée d'humains qui avaient des cerveaux dont la part inconsciente nous dirigeait toujours vers les meilleures options au sens biologique?" Je crois que oui, le subconscient, l'instinct et tous les automatismes géré par le cervelet est semblable chez tous les êtres-vivants. Ce sont justement ces comportements qui nous sont resté puisque c'est la base de la survie. Imaginez un être n'ayant jamais peur, ca ne prendrait pas de temps avant qu'il soit tué (en nature). Les humains comparés aux animaux sont pratiquement semblable, les humains ont une conscience plus forte tandis que les animaux vivent plus sous l'influence de leurs subconscients et leurs instincts. Il y a plusieurs études sur le subconscient et le super-conscient, mais elles sont plus adoptées par les psychologues et malheureusement, les scientifiques sont un peu réticents de ces types d'études. Comme le débat sur la dépression entre psychologie et médecine (un problème mental ne peut pas être guérie par médication mais seulement être soulagé, donc aucun problème de réglé (si nous affirmons que le problème est régie dans le subconscient)). Un autre sujet spécial : la complexité de notre cerveau nous amène-t-il à des problèmes mentaux ; problème de logique dans nos connectivités nerveuses ? Notre cerveau peut-il "bugger" ? Revenons au sujet principal, je croyais que la religion était les seules à contredire l'évolution et la sélection naturelle ? Pouvez-vous me parler des sciences sociales ? Qu'elles sont leurs arguments ? Merci Lucas |
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par Luc-Alain Giraldeau
il y a 1 année
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Bonjour Lucas, En ce qui concerne les gestes inconscients il ne faut pas toujours penser qu'il s'agit de gestes cachés dans les réflexes d'un cervelet reptilien. Si vous tombez en amour avec une personne, est-ce que vous avez décidé de cela? Pourquoi elle ou lui? Lorsque deux personnes s'embrassent on peut ressentir un vif plaisir, mais quelque fois une déception. Il ou elle embrasse mal. Pourquoi au juste? Les gens préfèrent les objets rouges, les gens du marketing savent cela. Pourquoi donc? Il y a dans nos préférences, nos prédispositions des tas d'influence de nos ancêtres. Le savoir c'est déjà nous permettre de s'en libérer. |
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par Frédéric Bouchard
il y a 1 année
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Par rapport à la toute dernière question, ce n est pas contredire tant qu’un désaccord par rapport à la définition de l’ensemble des phénomènes que la théorie est en mesure d’expliquer. Comme je le disais, ce n’est pas un anti-darwinisme, c’est un désaccord par rapport à la portée du darwinisme. Exemple : la théorie de l’évolution n’a pas place conceptuelle pour des concepts comme l’amour, le libre-arbitre, etc. Si vous avez une théorie reposant sur les concepts de l’amour ou du libre-arbitre, vous croyez de facto que certains aspects de la vie mentale sont hors de la portée d’une explication darwinienne. Mais de croire que la théorie de l’évolution n’explique pas tout n est pas un rejet du darwinisme! Toutes les théories scientifiques sérieuses ont un ensemble fini de phénomène qu’elles veulent expliquer. On ne reproche pas aux astrophysiciens de ne pas pouvoir expliquer la reproduction sexuelle. On remarque tout simplement qu’ils examinent des chaînes causales distinctes à des échelles distinctes. Pour la caricature sciences sociales vs biologie, c’est que la question reste ouverte où est la limite des chaînes causales étudiée par la théorie de l’évolution, mais ce genre de débat est trouvé partout en science (par ex. est-ce que les politiques publiques sont déterminées par des processus institutionnels, approche plus sociologique ou sc.politique, ou par l’agrégation de choix individuels, approche plus économique). L’exemple du créationnisme vs Darwin est tout autre, car là pour un même phénomène on offre deux théories fondamentalement incompatibles, dans les objets, méthodes et cosmologie adoptés. |
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par Nathalie Guimond
il y a 1 année
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Bonjour messieurs Bouchard et Giraldeau, j'ai malheureusement raté votre présentation d'hier mais je suis vraiment curieuse d'entendre vos postulats sur la question. Pourriez-vous nous résumer vos points de vue respectifs? Ceux qui n'y étaient pas en seraient bien contents j'ai l'impression - moi la première. :) |
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par Frédéric Bouchard
il y a 1 année
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Bonjour C'est un biais normal de croire que parce que nous avons un trait particulier (intelligence, capacité d'imagination, etc) et parce que ce trait nous intéresse, c est ce trait particulier qui nous distingue de manière unique de la nature. Pour plusieurs ceci ce traduit en l'inférence que nous sommes uniques et supérieurs au reste de la nature (et donc que nous méritons des explications uniques de nos capacités). Mais nous sommes le résultat d'une longue histoire d'évolution. Donc ce biais n'est pas justifié. Donc premier point, nous sommes vraiment des animaux. La conséquence est que les théories biologiques (darwiniennes ou autres) devraient être en mesure d'expliquer beaucoup d'aspects de notre existence (dont plusieurs comportements) Ceci étant dit cela ne veut pas dire que les sciences sociales (là où la culture a été étudiée) sont alors caduques! mais il faudrait s'inquiéter de toute hypothèse allant contre des faits bien établis pour le reste du règne animal (par ex. si un modèle présume que nos cerveaux sont presque des tabulae rasae, c'est une erreur: nos ancêtres avaient certaines structures cognitives innées, il est implausible qu'elles aient toutes disparu chez l'Homo sapiens). En fait ce que je souhaiterais voir c'est un échange réel entre les sciences biologiques et les sciences sociales (ex.: pourrions-nous essayer d'appliquer certains modèles sociologiques/économiques chez d'autres primates? On le fait mais pas assez!) Nous en arrivons donc la nécessité selon moi d'un juste milieu entre un darwinisme triomphant qui réduit toute la sociologie, psychologie, etc à l'action de la sélection naturelle (ceci est absurde: d'ailleurs la théorie de l'évolution n'est pas suffisante pour expliquer tout en biologie! nous avons aussi besoin de la biologie du développement, de l'écologie, etc), et un anti-darwinisme implicte à certains modèles des sciences sociales: attention ce n est pas un rejet du darwinisme ici mais plutôt le rejet d,une de ses conséquences. Si un modèle de sciences sociales dépend a priori de la prémisse qu'il ne peut s'appliquer qu'à l'être humain il y a peut-être problème (tout modèle qui croit que l'être humain est exceptionnel dans ses processus doit au moins justifier sa prémisse de base, car ce n'est pas une évidence biologique). Les deux pôles sont bien sûr des caricatures, mais des caricatures qui retrouvent des figurants dans la communauté de la recherche. Tout ceci pour dire que, comme nous sommes des animaux, il serait très surprenant de ne pas avoir certaines structures comportementales innées. MAIS ceci ne doit pas se traduire pas non plus dans la croyance que l'histoire darwinienne de l'évolution de ses structures est en mesure d'expliquer tous les aspects de nos comportements. Donc l'humain génétique et culturel... |
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par Luc-Alain Giraldeau
il y a 1 année
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Bonjour, |
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par lucas
il y a 1 année
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L'évolution et la sélection naturelle est la base de la vie et de la complexité biologique. Ce serait égoïste et naïf de notre part de penser que nous n’avons pas passé par là! Nous n’avons pas évolué sur notre force, ni sur notre fourrure, nous avons évolué sur notre cerveau parce que c'est grâce à celui-ci que nous sommes capable de survivre. Ma théorie sur le début / le commencement de l'évolution (pas de la vie) : Prenons un organisme unicellulaire, il se divise en 2 cellules parfaitement identiques. Et voilà, c'est la théorie la plus logique que je vois expliquant le début de l'évolution. Qu'en pensez-vous ? |
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par Luc-Alain Giraldeau
il y a 1 année
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Bonjour Lucas, |
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par Frédéric Bouchard
il y a 1 année
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Bonjour il y a plusieurs éléments méritant discussion dans le dernier commentaire, et c'est Luc-Alain qui est mieux placé ici mais permettez-moi d'examiner deux questions en particulier -Même avant de parler de gènes (et de fusion de génomes) la transition entre non-vivant à vivant (ou l'émergence du vivant) est une question fascinante qui est discutée dans plusieurs disciplines en biologie. Richard Dawkins dans le premier chapitre de son Gène égoïste offre une belle illustration de comment il y aurait pu avoir une espèce de sélection primitive (pré-organique)sur la stabilité de certaines molécules inorganiques. Par sélection successive cela nous aurait amené aux macromolécules organiques qui sont les bases du vivant telles que connues aujourd'hui. Nous sommes ici dans l'hypothèse, mais ce qui est intéressant ici, c'est la tentative de comprendre l'évolution par sélection naturelle AVANT l'apparation de la vie sur Terre. Où plutôt de voir le vivant lui-même comme un genre d'adaptation et un code génétique de type ADN ou ARN serait alors lui aussi une adaptation. Encore une fois c'est de la spéculation ici mais des programmes de recherche sérieux tentent d'examiner la question sous cet angle. Je tiens à souligner qu'il y a plusieurs autres programmes sur l'origine de la vie qui essaie d'expliquer ceci par d'autres processus (par ex. théorie des systèmes dynamiques, systèmes auto-catalytiques, etc.) -par rapport à l'évolution de la reproduction sexuelle, il y a plusieurs hypothèses. D'abord il faut se rappeler que la majorité de la vie sur terre se reproduisait de manière asexuée (en se clonant si vous voulez) et que c'est encore le cas pour plusieurs espèces (de plantes en particulier). La reproduction sexuelle demande énormément de ressources et du point de vue du gène, le coût est énorme car le risque qu'un gène ne soit pas transmis d'une génération à l'autre est plus grand que dans le cas de la reproduction asexuelle. Pour parler métaphoriquement, chaque parent donne du sien, mais ne transmet pas tout (alors qu'une plante qui se copie elle-même transmet tous ses gènes). Donc comment sommes-nous passés d'un système de reproduction très fidèle (rep. asexuelle) à un système de reproduction moins prévisible (rep sexuelle)? Où plutôt dans une perspective darwinienne, quel est le bénéfice de perdre autant de fidélité? L'hypothèse consensuelle est que cela permet d'introduire beaucoup de variation car on 'mélange' les gènes des deux parents (ce n,est pas littéralement un mélange) ce qui permet à une population d'avoir beaucoup plus de variations dans les traits beaucoup plus rapidement ce qui augmente la probabilité qu'un trait favorable émerge. Or c'est exactement ce qui est souhaitable dans un contexte où l'environnement change beaucoup et donc où les pressions de sélection changent beaucoup aussi. À noter aussi, que Darwin lui-même s'est intéressé (indirectement) à la question de l'émergence de la reproduction sexuelle chez les fleurs, dans l'Origine des espèces (chapitre 4 je crois) |
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Merci beaucoup à vous deux et au plaisir, ces discussions fûrent fort instructives! :)