Dans ce livre, Rachel Bégin fait un plaidoyer de l'enseignement des sciences au primaire et au secondaire. Elle défend un enseignement des sciences pour tous, afin que toute la population ait un bagage scientifique minimal.
Ce livre nous permet de réaliser l'importance de l'apprentissage de la science : le manque de connaissances scientifiques par la population entraîne la peur de la science, la vulnérabilité face aux pseudo-sciences et le manque de discernement dans les débats de société où une culture scientifique minimale est indispensable. Rachel Bégin argumente clairement et son livre est facile à lire, même pour un scientifique qui n'a pas de bases en éducation. Quelques termes spécialisés sont quand même utilisés ça et là, sans être définis, ce qui obscurcit quelques fois le texte mais n'altère pas la compréhension du propos. Elle illustre son discours grâce à des exemples scientifiques clairs et faciles à appréhender, même pour un non-scientifique. L'auteure fait une critique acerbe de la réforme scolaire qui a eu lieu au Québec. Cette réforme met l'accent sur les compétences plutôt que les connaissances. Un apprentissage sous forme de projets multi-disciplinaires a été instoré, où l'élève créé ses propres connaissances en glanant ça et là son bagage scientifique qui lui servira tout au long se sa vie. Elle explique très bien les enjeux de l'apprentissage des sciences au primaire et au secondaire et dans la société en général. N'adoptant pas un ton démagogue, elle nous convainc que la réforme scolaire a été lancée sans recherches préalables. Celle-ci n'est pas une bonne solution à la désaffectation des disciplines scientifiques par les élèves et à leur vision négative des sciences. Elle m'a totalement conquise, peut-être trop, et je suis curieuse de lire un livre pro-réforme et de réellement y trouver les horreurs pédagogiques qu'elle y décrit. N'étant pas du milieu de l'éducation, mes connaissances sur la réforme sont limitées. J'aurais apprécié avoir un historique de cette réforme et savoir où elle en est maintenant. Elle contredit certaines idées en vogue en éducation mais il est parfois impossible de savoir si ces idées font parties de la réforme ou non. Ce flou rend quelques fois son discours difficile à mettre en contexte. Dans son dernier chapitre, elle apporte des pistes pour l'enseignement des sciences, qui poussent la réflexion sur les méthodes pédagogiques et qui clarifie ce qu'un professeur des sciences doit enseigner et comment le faire. Cependant ce sont seulement des pistes et pas toujours des solutions concrètes. En lisant son livre, le sentiment que le Québec a commis une erreur irréparable en faisant cette réforme est très présent. Le ton est peut-être trop catastrophique mais il est vrai que ce sont nos futurs enseignants qui sont formés aujourd'hui et ça peut inquiéter. En tant que scientifique, il est important de réaliser qu'il est de notre devoir de s'impliquer dans le partage des connaissances. Surtout si on étudie en recherche fondamentale, qui dépend en grande partie du financement gouvernemental, et donc des citoyens. La science nous fait rêver, partageons-la.