Vonnegut - La suite
Jean-François nous explique ici les raisons pour lesquelles le romancier Vonnegut figure parmi son top ten!
1. Son immense sens du burlesque et de l’humour (qui n’est pas de l’ironie, genre devant lequel je suis de plus en plus sceptique) est indissociable d’une critique sociale forte qui s’appuie souvent sur un rationalisme qu’on peut aisément associer à sa formation scientifique.
2. S’il a écrit des ouvrages qu’on peut lier sans hésitation à la science-fiction (Les Sirènes de Titan, par exemple), il a toujours navigué avec bonheur entre des genres différents : SF, critique sociale (lecture sociale de l’Amérique). Abattoir 5 en est un bel exemple, puisqu’il s’agit à la fois d’un roman qui nous transporte, de manière comique, en jouant avec les codes du genre, dans la science-fiction, mais rappelle les horreurs de la Deuxième Guerre (le bombardement de Dresde; Vonnegut y était comme prisonnier de guerre) et propose une lecture des États-Unis à son époque.
3. C’est justement un lecteur sévère, souvent acide des États-Unis aujourd’hui. Et sa critique passe d’abord par l’écriture, par la langue, par une oralité propre à l’histoire de langue et de la littérature américaine (au moins depuis Mark Twain).
4. Vonnegut s’appuie souvent sur la science, qu’il connaît bien, pour développer ses histoires. Voir par exemple Le berceau du chat, Galapagos. Mais elle n’est pas plaquée sur le texte. Comme tout bon écrivain, Vonnegut oublie ce qu’il sait en écrivant. Il est important dans la fiction de ne pas donner l’impression que l’écrivain impose son savoir, mais que le savoir naît vraiment du texte.
Et vous, qu'est-ce qui vous a charmé ou pas chez cet auteur?


Je me risque... D'abord, ce roman n'est pas un choix naturel pour moi. Disons simplement que j'aime les histoires plus linéaires... Pendant la premier tiers du roman (que j'ai lu en version originale... so it goes!), j'ai eu de la difficulté à trouver quelques repères. Mais plus j'avançais, plus je voulais savoir comment ce Billy Pilgrim, que j'ai finalement trouver plutôt sympathique, allait s'en sortir. Et puis, j'ai aussi fini par trouver géniaux tous ces bonds dans le temps (le non-linéaire!) qui nous permettaient de voir l'histoire se dénouer devant nous. À la toute fin, j'en aurais redemandé encore! Enfin, j'ai appris, entre les branches, que ce roman a été salué à l'époque - lors de sa sortie en 1969 - pour sa morale anti-guerre. En savez-vous quelque chose?