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À défaut de fin du monde, le début de la fin de la banquise Arctique

Jérémy Bouchez, le 20 décembre 2012, 17h06

La banquise Arctique à son plus bas niveau en 2012.

Étendue des glaces de l'Arctique en millions de km2 en fonction de la période de l'année 2012 (Source: NSIDC)
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Étendue des glaces de l'Arctique en millions de km2 en fonction de la période de l'année 2012 (Source: NSIDC)

Impossible de passer à côté de ce qui fait le « buzz » en cette fin d’année, le 21 décembre et son scénario non fondé de fin du monde. Pour les mordus de culture Maya, je vous recommande d’ailleurs cette réalisation du CNRS qui explique en détail pourquoi il ne se passera rien ce 21 décembre 2012. Si ce n’est pas encore assez pour vous, à vous de faire chauffer votre souris en visitant les nombreux articles se rapportant à la fin du monde sur le site de l’Agence Science-Presse.

Passons maintenant à quelque chose de plus sérieux et qui ne fait malheureusement pas les manchettes. Le 18 décembre, le National Snow and Ice Data Center (NSIDC) situé à Boulder au Colorado a publié ses données les plus récentes sur l’étendue de la banquise en Arctique ainsi que ce graphique. Résultat, un record minimum de 3,4 millions de km2 atteint mi-septembre, 800 000 km2 (la moitié de la superficie du Québec) en deçà du précédent record de 2007 avec un peu moins de 4.2 millions de km2.

Déjà, en 2007, les données recueillies par les satellites démontraient une vitesse de fonte sous-estimée, comme l’avait annoncé une étude publiée conjointement par le National Center for Atmospheric Research et le NSIDC cité plus haut. Ainsi, l’étude démontrait que l’océan Arctique pourrait être libre de glace 30 ans plus tôt que prévu par les modèles.

Dernièrement, c’était au tour du professeur Peter Wadhams, de l’Université de Cambridge de prédire un effondrement des glaces de l’Arctique dès 2015-2016. Cet expert qui avait prédit le record minimum atteint en 2007 se base sur des observations réalisées avec des sous-marins pilotés à distance et qui recueillent des données sur l’épaisseur des glaces sous-marines. Rappelons que les glaces sous-marines fondent elles aussi à une vitesse plus rapide que prévue selon une étude publiée dans Nature Geoscience en mars 2011. Comme le souligne Wadhams, « cela a de terribles conséquences en ce sens que lorsque la banquise se retire en été, l’océan se réchauffe et fait fondre à son tour les parties continentales entourant l’Arctique. Cela fait fondre le pergélisol qui contient de très grandes quantités de méthane piégé dans le sol gelé, le méthane est un puissant gaz à effet de serre qui, si relâché, peut fortement accélérer la vitesse du réchauffement de l’atmosphère.

Selon Wadhams, ce qui est entrain de se dérouler dans l’océan Arctique et dans l’indifférence quasi générale, est une véritable catastrophe à l’échelle planétaire pour les écosystèmes et donc pour nous…