Les fêtes de fin d’année vous ont laissé quelques kilos en souvenir.  Vous avez essayé le régime méditerranéen et pourtant ces kilos n’ont pas disparu. Votre partenaire d’entraînement, qui suit le même régime, a tout perdu. Pourtant vous avez été très rigoureuse… Et que dire de cette amie, qui s’enfile des poutines et autres fritures tous les jours, mais qui conserve une taille de guêpe? Injustice divine ou  génétique?

Une équipe de l’Université A&M du Texas, sous la direction de David Treadgill a publié une étude dans le numéro de janvier 2018 de la revue Genetics démontrant que la diète méditerranéenne ne fait  pas maigrir toutes les souris.  Pire : si certaines lignées montraient une amélioration de leur santé et de leur composition corporelle avec cette diète, chez d’autres, elle avait des effets délétères.

Des souris et des diètes
Pour ce faire, les chercheurs ont créé des diètes murines comparables au régime méditerrannéen (vin rouge, huile d’olive, fruits secs), à la diète japonaise (riz, thé vert), à la diète cétogène ou Massai (gras et protéines) et à la diète américaine (riche en gras saturés et en sucres).   Quatre lignées de souris de laboratoire  ont consommé ces  aliments pendant 18 mois. Ces rongeurs avaient certaines caractéristiques : les souris A  sont réputées résistantes à l’obésité induite par une diète hypercalorique, les FVB, des souris très actives et résistantes à l’obésité induite par l’alimentation,  les  B6 souvent utilisées dans des modèles d’obésité induite par une diète riche en sucre et en gras et le NOD, des souris prédisposées à développer un diabète.

Les animaux ont fait l’objet de tests sur leur composition corporelle .  Leurs profils lipidiques  (cholestérol), leur profil glycémique, leur comportement (activité, hydratation spontanée), leur activité métabolique,  le profil de l’expression des gènes au niveau du foie et le profil des métabolites, substances organiques transformées dans le foie, ont également été analysés.

Diète américaine : métabolisme modifié, effets délétères confirmés

Les chercheurs ont pu constater que la diète américaine avait peu d’impact sur la lignée A, si ce n’est pour une augmentation de l’activité métabolique.  Toutefois, les autres lignées ont montré une augmentation de la masse adipeuse, une altération  péjorative du profil lipidique  et de la glycémie. L’effet était particulièrement marqué sur la lignée B6.  Des mécanismes métaboliques pourraient expliquer cet effet : l’analyse des gènes et de métabolites du foie de cette lignée a montré une perturbation induite par cette diète.

Régimes particuliers, pas toujours particulièrement efficaces

Le résultat le plus étonnant de cette étude est le fait que la diète méditerranéenne a eu peu d’effet sur la composition corporelle des souris A ou FVB, ayant même un effet délétère sur le métabolisme du sucre chez les souris A.  Par contre, les souris B6 et FVB ont vu leurs profils lipidiques et glycémiques s’améliorer.

La diète japonaise a amélioré la composition corporelle de toutes les lignées, avec un impact positif sur le métabolisme du sucre sur toutes les lignées sauf la lignée A, chez qui l’effet a été nocif. La diète cétogène a été avantageuse pour les lignées A et B6, mais négative pour les FVB et les NOD.

Une petite gêne et des gènes

Les chercheurs émettent des réserves : ce sont des modèles animaux et d’autres facteurs peuvent influencer la réponse d’un humain à une diète.  Le microbiote, d’autres facteurs épigénétiques et comportementaux  en sont des exemples.

Cette étude est originale et souligne la complexité de la question: un seul gène et une seule diète ne peuvent tout expliquer ou guérir : c'est un système complexe d'interactions entre gènes, diète et environnement dont on doit tenir compte. Il nous reste maintenant à trouver comment choisir la diète idéale pour un individu  pour améliorer sa santé et aider à faire disparaître ces kilos en trop!