Semaine du 1er novembre 1999

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L'être humain en
10 000 brevets


L
a course au décodage de notre bagage génétique entre dans son dernier droit. D'ici quelques mois, au moins une des équipes -amies, mais néanmoins concurrentes- aura déposé le "premier jet" -au moins un tiers de notre "carte génétique". Et avec ce premier jet, déferleront une légion de demandes de brevets. Des brevets sur une partie de vous-même.

 

On en parle depuis longtemps, mais cette fois, on s'approche vraiment de sa réalisation concrète: le brevetage du genre humain. Un des chefs de file de la recherche génétique, le Dr Craig Venter, avait prédit l'an dernier devant le Congrès des Etats-Unis, que celui-ci devait s'attendre à recevoir dans un proche avenir "100 à 200 bits" de brevets sur du "matériel génétique humain". Ce même chef de file, vient-on tout juste d'apprendre, n'a pas perdu son temps, puisqu'il a lui-même rempli ces derniers mois 6500 demandes préliminaires de brevets pour autant de gènes humains. Et on s'attend à ce qu'il en remplisse quelques dizaines de milliers d'autres.

Comment diable peut-on breveter quelque chose qui existe dans la nature depuis des millions d'années, demanderez-vous? Eh bien, tout simplement parce que la loi, tout au moins aux Etats-Unis et dans d'autres pays occidentaux, permet bel et bien, depuis qu'a surgi l'expression "manipulations génétiques", de déposer un brevet sur un gène. En autant que ce gène ait été altéré, ou encore, qu'il ait été inconnu jusqu'ici -ce qui est suffisamment large pour englober à peu près n'importe quoi.

D'autant que le Dr Craig C. Venter et la compagnie qu'il a fondé, Celera Genomics, de Rockville, Maryland, n'est pas seul en lice: deux de ses compétiteurs, Human Genome Sciences, également de Rockville, et Incyte, de Palo Alto, Californie, ont chacun rempli plus de 6000 demandes.

Ceux qui s'opposent à cette course aux brevets ne le font pas seulement au nom d'arguments nobles tels que "les gènes font partie du patrimoine de toute l'humanité". Ils invoquent le risque que cela limite la recherche scientifique: autant les compagnies que les chercheurs pourraient cesser d'investir temps et argent dans quelque chose, s'ils se mettaient à craindre que ces choses ne soient propriété priv..ée.

Devant la volée de bois vert qui lui est tombée dessus la semaine dernière, le Dr Venter s'est défendu en allèguant que ceux qui le critiquent n'ont rien compris: une demande préliminaire de brevet "n'est qu'une étape du processus". Seul un petit nombre de demandes, 300 tout au plus, aboutiront vraiment, en bout de piste, à un brevet.

Curieusement, cela n'a pas semblé rassurer les critiques...

Il faut dire que c'est ce même Dr Craig Venter qui, en janvier dernier, déclarait dans un congrès que nous n'étions plus qu'à quelques enjambées de créer la première "vie artificielle".

Il faut dire aussi que même les groupes de recherche subventionnés par l'argent de l'Etat, sous l'égide du projet international Génome humain, sont engagés dans la chasse aux brevets. La différence, c'est que la plupart le font plus à plus petites doses, alors que l'équipe de Venter a adopté la stratégie du bazooka, qui lui permet de ratisser large et vite -et qui fait que Celera sera sans doute la première au fil d'arrivée. Sa carte du génome sera moins précise, mais elle sera la première.

Qu'a-t-il breveté jusqu'ici? Entre autres, explique-t-il à Reuters, un groupe de gènes "qui pourrait être très, très important en terme de maladie virale -un nouvel alpha-interféron". Un alpha-interféron est une substance chimique protectrice émise naturellement par notre organisme. Certains ont déjà conduit à des médicaments contre l'hépatite.

On espère, explique le Washington Post, que dans le lot de ces gènes ainsi découverts, figure de quoi ouvrir de nouvelles portes contre le cancer, le sida et la maladie d'Alzheimer. Avec, cela va sans dire, les retombées en espèces sonnantes et trébuchantes pour les compagnies pharmaceutiques à qui Celera ou un autre auraient "généreusement" cédé "l'exclusivité" sur un gène...

Qui donc a dit: "nous vivons vraiment une époque formidable"... ?

 

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