Semaine du 26 juillet 1999

En manchettes la semaine dernière:
La vérité est ailleurs

A lire également cette semaine:
Planche de salut pour cocaïnomanes

La ruée vers Eros

Columbia et Mir s'envoient la main

Cordes cosmiques

Le mystère de Kennewick

Et plus encore...


Archives des manchettes


LE KIOSQUE
Pour être branché sur la science

Notre nouvelle section:

Capsules québécoises


Qui sommes-nous?


Retour à la page d'accueil


En manchettes sur le Net est une production Agence Science-Presse


Damnées statistiques


L
es Kennedy sont-ils vraiment l'objet d'une damnation? Drôle de question, direz-vous, pour qui souhaite répondre avec une rigueur toute scientifique -ou journalistique. Mais pourquoi ne pas poser la question à un statisticien?

 

C'est l'idée qu'a eu le service de nouvelles du réseau de télé ABC, après en avoir eu sans doute assez d'entendre pendant une semaine commentateurs de télé et journalistes de la presse écrite évoquer cette "malédiction" qui pèserait sur la tête de cette famille royale américaine. A-t-elle vraiment eu plus que sa part "statistiquement normale" de malheurs?

On s'en doute, la réponse n'est pas facile. Qu'est-ce qu'une part "statistiquement normale"? Et les Kennedy n'ont-ils pas de surcroît une série de caractéristiques qui n'en font pas tout à fait une famille "normale"?

Il faut d'abord savoir qu'il n'est pas rare, dans les familles nombreuses -et les Kennedy forment une famille très nombreuse- d'assister à davantage de décès, de maladies et de tragédies que ce à quoi on serait en droit de s'attendre. La pauvreté peut par exemple faire jouer les probabilités. Ainsi que des facteurs psychologiques -par exemple, pour prendre un exemple tout à fait au hasard, le goût du risque dans certaines familles riches...

"Peu de personnes, souligne ABC, invoqueraient une malédiction pour expliquer une série désastreuse de décès dans une famille vivant dans un quartier où le taux de criminalité est très élevé, ou parmi une famille d'artistes du cirque."

"Additionnez les accidents d'automobiles, les cancers et autres calamités frappant tous les cousins, tantes et oncles, petits-enfants et épouses, et je parie qu'une minorité non-négligeable de familles souffrent de pertes d'une ampleur comparable à celles des Kennedy." A cette différence près que les déboires de ces familles-là ne sont pas suivis par 250 millions d'Américains...

Il y a les coïncidences, diront certains. L'accident d'avion de John F. Kennedy Jr est survenu pratiquement le même jour que l'anniversaire de l'accident de voiture de son oncle Ted Kennedy à Chappaquiddick. Certains des débris de son avion ont fini leur parcours sur la page près de la résidence des Kennedy, à Martha's Vineyard.

Mais des coïncidences, on peut en empiler autant qu'on veut, pour autant qu'on tienne à en trouver. Comment les mesure-t-on, à côté des millions d'événements survenus cette même semaine -et qui, eux, n'ont pas été remarqués parce qu'ils n'avaient rien d'une coïncidence? Le mathématicien John Allen Paulos, de l'Université Temple, s'est amusé à en empiler qui concernent les présidents Kennedy et Abraham Lincoln. Tous deux ont perdu des fils; tous deux furent élus dans l'année 60 de leur siècle; Lincoln avait une secrétaire nommée Kennedy, et Kennedy avait une secrétaire nommée Lincoln; tous deux furent, bien sûr, assassinés alors qu'ils étaient en fonction. Des coïncidences comme celles-là, on peut en trouver autant qu'on veut... pour autant qu'on tienne absolument à en trouver. "Si vous cherchez des coïncidences, il n'est pas étonnant que vous en trouviez."

 

 

En manchettes sur le Net

La Science d'ici et d'ailleurs

Le Kiosque

Science pour tous

Hebdo-Science

Meilleurs sites en science

Bric--Brac

CyberExpress

C'est quoi l'ASP

Hommages ...

La Qute des origines

Le Monde selon Goldstyn

Questionnaire