Pendant que la compagnie américaine Advanced Cell Technology était au centre d’une controverse (voir ce texte) parce qu’elle avait caché avoir détruit des embryons afin de produire des cellules souches, une équipe japonaise annonçait plus discrètement avoir réussi, elle, à " créer " des cellules embryonnaires sans utiliser d’embryons.

Les chercheurs japonais ont découvert qu’ils pouvaient reprogrammer des cellules adultes en cellules souches embryonnaires, en injectant quatre protéines embryonnaires dans des cellules de souris adultes. Ces travaux ont été publiés à la fin août dans la revue Cell, le jour même où le East Bay Business Times rapportait que la médiatisation des recherches d’Advanced Cell Technology (ACT) lui avait valu des engagements d’investissement de 13,7 millions de $.

Manipulées en laboratoire, les cellules souches embryonnaires pourraient en théorie se transformer en toutes sortes de cellules spécialisées. Mais le fait de partir de cellules adultes, comme l’ont fait les Japonais, éliminerait l’obstacle éthique qui mine une bonne partie de ce secteur de la recherche, en particulier aux États-Unis.

Qui plus est, cette technique, qui a nécessité un seul prélèvement de cellules adultes, est beaucoup plus simple que celle suivie par ACT, dont le rapport de recherche, publié par Nature, révèle qu’il a fallu prélever 91 cellules d’embryons pour créer seulement deux lignées de cellules souches.