Il en faudra plus pour convaincre les climato-sceptiques, mais pas moins de trois enquêtes ont exonéré de tout blâme les climatologues britanniques qui avaient été pointés du doigt l’automne dernier.

Baptisé par ses partisans « climategate », et décrit par eux comme étant rien de moins que la mise à mort de la climatologie, le scandale consistait plutôt en le dévoilement d’un millier de courriels échangés entre climatologues pendant 10 ans. Sur le lot, une demi-douzaine contenaient des phrases qui, sorties de leur contexte, pouvaient prêter à confusion. Après enquêtes distinctes, un comité de la Chambre des communes de Londres, un comité de la Société royale et un troisième de l’Université d’État de Pennsylvanie aux États-Unis, ont conclu tour à tour que les accusations « d’inconduite scientifique » ne reposaient sur rien.

Les leçons qui émergent de cette controverse, après cinq mois, sont ailleurs : un déficit de relations publiques de la part des scientifiques, qui ont sous-estimé l’ampleur que pouvaient prendre ces accusations. Comme l'écrivait la climatologue Judith Curry dès novembre:

Passez du temps à vous promener dans la blogosphère, pour vous faire une idée des questions politiques entourant votre domaine. Une meilleure compréhension des énormes implications politiques devrait nous pousser à viser les plus hauts standards d’éthique en recherche. Améliorez vos talents de communicateurs; nous avons tous besoin de communiquer plus efficacement.

Il aurait été étonnant que 30 années de recherches vérifiées et contre-vérifiées —y compris par les sceptiques— dans des domaines aussi indépendants les uns des autres que l’océanographie et l’ornithologie, puissent être balayées par une poignée de courriels sortis de leur contexte. Mais à en juger par l’avalanche de demandes d’accès à l’information tombées l’été dernier sur l’Unité de recherches sur le climat britannique (le CRU), le harcèlement des scientifiques aurait pu être le principal objectif de cette stratégie, bien plus que l’espoir d’invalider la « théorie » du réchauffement.

Si 95% des données sur le climat étaient d’ores et déjà du domaine public, une autre retombée de ces événements sera la pression exercée pour que les 5% restants y soient aussi. Le mot-clef « transparence » ressort des trois rapports d’enquêtes, de même que l’importance, pour certains scientifiques hautement spécialisés, d’ajouter des statisticiens à leur équipe. « Parce que ce travail est fondamentalement statistique », justifie le rapport de la Société royale.

« Toutefois, il n’est pas certain que de meilleures méthodes auraient produit des résultats si différents. »