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À un degré de séparation d'Obama

Pascal Lapointe, le 19 février 2011, 23h23

(Agence Science-Presse) WASHINGTON - Même les plus blasés de la politique doivent avoir du mal à rester indifférents à Obama... s’ils aiment la science.

John Holdren et son président (Photo : Maison-Blanche)
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John Holdren et son président (Photo : Maison-Blanche) À un degré de séparation d'Obama

- L’Office of Science and Technology Policy de la Maison-Blanche

- Le programme Science & Technology Fellowships de l'AAAS

Il fallait voir les congressistes de l’Association américaine pour l’avancement des sciences (AAAS) réagir non pas aux statistiques sur les investissements en science, lancées par le conseiller scientifique de la Maison-Blanche, mais à l’anecdote d’un président passant près d’une heure avec les jeunes gagnants d’un concours scientifique national.

John Holdren, physicien à l’Université Harvard, où il était devenu un expert international des questions d’énergie et de climat, est depuis deux ans conseiller scientifique en chef du président des États-Unis, ce qui signifie qu’il fait partie de sa garde rapprochée. À ce titre, il était, vendredi soir, l’invité d’honneur du congrès annuel de l’AAAS, qui a lieu en ce moment à Washington.

Il faut rappeler que le poste qu’occupe Holdren n’a pas été inventé par ce président : le Bureau des politiques en science et technologie (OSTP), dont John Holdren est le directeur, existe depuis 1976. Et on peut y ajouter un détail étonnant pour un Canadien, sachant qu’il n’existe même pas de conseiller scientifique autour du premier ministre : l’OSTP emploie une centaine de personnes!

Ce qui rend toutefois ce gouvernement différent des précédents, c’est l’emphase mise par Barack Obama sur la science : la nomination de John Holdren a été annoncée dès décembre 2008, avant même l’intronisation d’Obama; l’une de ses promesses les plus souvent citées a été celle de « remettre la science à sa place légitime »; le plan de relance de l’économie de l’an dernier réservait 10 milliards à des projets en science et technologie.

Quant à l’anecdote qui a impressionné la salle, elle remonte au 18 octobre, jour de la Fête de la science de la Maison-Blanche (White House Science Fair). Le président devait passer 15 minutes avec les jeunes, raconte Holdren. « On attendait dans l’autre pièce, 15 minutes, 30 minutes, 45 minutes... Il a passé près d’une heure à les écouter raconter leurs projets! »

Vendredi dernier, avant cette conférence, John Holdren avait, lors d’une rencontre avec les journalistes, eu une autre réponse, qui aurait elle aussi fait un petit plaisir aux scientifiques s’ils avaient pu l’entendre :

Je pense que ce serait bien mieux, s’il y avait beaucoup plus de scientifiques élus au Congrès... Mon argument, c’est que de plus en plus de questions de politique publique ont un contenu scientifique. Et nous avons d’excellents programmes, comme celui des Fellowships de l’AAAS, qui incitent des scientifiques jeunes ou en milieu de carrière, à proposer leurs services, au Congrès ou ailleurs au gouvernement, pour fournir leur expertise là où elle est nécessaire.

Ça aussi, c’est un discours qu’on n’a pas l’habitude d’entendre au sein des gouvernements de bien des pays...