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L'université est-elle une compagnie?

Je vote pour la science, le 8 novembre 2011, 9h52

(Agence Science-Presse) Si l’université était une compagnie, l’étudiant serait son client et il serait en droit de dire: «j’ai payé, donc j’ai droit à une bonne note». Si ce raisonnement semble absurde, il n’est pourtant pas si loin de la façon dont certains perçoivent désormais la réalité.

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L'université est-elle une compagnie?

Lectures suggérées:

Trois livres parus cette année :

- Eric Martin et Maxime Ouellet, Université Inc. Des mythes sur la hausse des frais de scolarité et l’économie du savoir (Lux éditeur, 156 p.).

- Anton Allahar et James E. Côté, Lowering Higher Education: The Rise of Corporate Universities and the Fall of Liberal Education (University of Toronto Press, 256 p.).

- Normand Baillargeon, Je ne suis pas une PME. Plaidoyer pour une université publique (Poètes de brousse).

Lettres:

- L’université n’est pas une entreprise, par Eric Martin et Maxime Ouellet, Le Devoir, 26 octobre.

- Droits de scolarité : le Québec n’a rien d’une anomalie, par Louis Dumont, Guy Rocher et Michel Seymour, Le Devoir, 17 janvier 2011.

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À notre émission cette semaine, on profite de la parution récente d’un petit livre, Université Inc. (Éditions Lux) pour s’attarder à un thème qui a souvent été en arrière-plan de nos discussions: l’évolution de l’université. Depuis 20 ans, disent ses critiques, elle abandonnerait progressivement son rôle d’institution du savoir, dont l’objectif premier était de former les esprits, pour emprunter de plus en plus de caractéristiques à l’entreprise : la commercialisation, la course aux brevets, les partenariats...

Les défenseurs de cette évolution invoquent qu’à notre époque, les universités doivent compétitionner entre elles et que le marché du travail impose que l’on s’adapte à lui.

Les opposants quant à eux, reprochent tantôt à l’université de se transformer en «usine à diplômes», tantôt de trop privilégier la recherche au détriment de l’enseignement, ou bien ils s’inquiètent des effets délétères de la hausse des frais de scolarité et de l’endettement étudiant.

Nos deux invités en studio, Maxime Ouellet, co-auteur de Université Inc., et Michèle Brochu, de la Faculté de médecine de l’Université de Montréal, font des constats similaires lorsqu’il s’agit de camper le décor et offrent un regard différent sur les conséquences, en fonction de leurs expériences professionnelles respectives. Par la suite, Yves Gingras présente un survol de ce qui s’est publié cette année sur le sujet (voir encadré).

Les invités

En musique: Arrêtez, par Paul Piché (2009)

Les actualités - voir plus bas.

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Je vote pour la science est diffusée le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal). Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions de la saison précédente. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et nous télécharger sur iTunes.

On en profite pour vous signaler que Radio Centre-Ville, grâce à qui cette émission est possible, est en période de radiothon du 7 au 13 novembre. C’est grâce à vos dons que Radio Centre-Ville existe. Vous pouvez contribuer cette semaine, par Internet à www.radiocentreville.com, ou au 514-495-2597.

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Transcription: les actualités de la semaine

L’année du pipeline

Parmi d’autres actualités qui ont retenu notre attention l’été dernier, il y a les pipelines. Un projet de pipeline de 2700 km, qui doit relier l’Alberta au Texas, et sur lequel l’Alberta fonde beaucoup d’espoirs, fait face à une vive opposition aux États-Unis.

Il y a eu des manifestations devant la Maison-Blanche, qui ont donné lieu à des arrestations. Il y a eu des éditorialistes américains qui se sont prononcé contre. Et les écologistes dans leur ensemble se sont mobilisés comme on les avait rarement vu se mobiliser.

Le pipeline, Keystone, n’attend plus que l’approbation du gouvernement américain. Or, celle-ci devait à l’origine venir ces jours-ci. Mais la semaine dernière, le président Obama laissait entendre pour la 1ere fois que la décision... pourrait prendre encore plusieurs mois.

Il faut dire que d’autres pipelines ont donné des cartouches aux écologistes. Beaucoup de reportages ont signalé des fuites de pétrole. Or, le pipeline Keystone passerait aux USA par des terres agricoles, et au-dessus de nappes phréatiques. Ajoutez à cela qu’il transporterait du pétrole issu des sables bitumineux, et l’image des sables bitumineux est passablement écorchée, par les temps qui courent.

En Alberta, l’industrie commence à s’inquiéter. Si l’Alberta veut continuer d’augmenter ses exportations de pétrole, il lui faut de nouveaux pipelines. Pas de pipeline, pas de pétrole.

Trois documentaires «socio-environnementaux»

Au Québec, pendant ce temps. Trois films qui viennent de sortir abordent chacun les thèmes de l’énergie et de l’environnement. Pourtant, pour deux de ces trois documentaires, le sujet n’est pas du tout l’environnement.

C’est le cas de République, Un abécédaire populaire, du réalisateur Hugo Latulippe, qu’on peut voir au cinéma du Parc. L’objectif est une réflexion sur la façon de créer une société plus juste, et un élément de cette réflexion, c’est une remise en question de notre façon de traiter l’environnement.

Similitudes avec Survivre au progrès, du réalisateur Mathieu Roy. Lui aussi réfléchit sur notre société, pas juste le Québec, mais notre civilisation du progrès et de la croissance à tout prix. Même si ce prix doit être la destruction des écosystèmes.

Et le troisième film, le plus visible des trois, c’est Trou Story, de Richard Desjardins, sur l’exploitation minière. Trois documentaires simultanés, trois regards sur l’environnement, mais où l’environnement est imbriqué dans une réflexion sociale plus large.

La rencontre annuelle sur les politiques scientifiques canadiennes

Et en terminant. Si vous connaissez quelqu’un qui a intérêt à se mettre à jour sur les politiques de la science ou sur la façon dont la science pourrait influencer les futurs politiciens, le 3e congrès canadien sur les politiques scientifiques aura lieu les 17 et 18 novembre à Ottawa.

Nous avions assisté aux deux premières éditions (2009 et 2010), celle de l’an dernier avait eu lieu à Montréal. On aura l’occasion de vous reparler du congrès de cette année.

2 commentaires

Portrait de vlevee

Bonjour,

Merci pour cette émission, le sujet mérite largement qu'on ouvre le débat.

Je rebondis sur la vision économiste de l'université dont parle Maxime Ouellet en début d'émission, à savoir qu'il faut voir les frais d'inscription comme un investissement. Un investissement rentable, disent certains, puisque les diplômés universitaires auront un salaire élevé.
J'aimerais savoir si des chiffres appuient cette supériorité des salaires chez les diplômés universitaires. Quand on sait qu'un post-doc gagne peut-être 40 000 $ avec son doctorat en poche, que des détenteurs de maîtrise se dénichent un contrat de travail pour 35 000... Je me demande si cette supériorité des salaires des diplômes n'est pas un mythe, facile à faire avaler pour justifier les hausses des frais de scolarité.

Portrait de pascal

Bonjour Valérie. Tu trouveras des défenseurs des deux arguments suivants: 1) ceux qui s'appuient sur les moyennes générales, moyennes qui montrent qu'effectivement, un diplômé universitaire gagne davantage que les autres; et 2) ceux qui décomposent ces revenus moyens en fonction du champ d'étude, et qui peuvent du coup pointer qu'il y a un énorme écart entre, disons, un diplômé en médecine et un diplômé en musique. Je n'ai rien vu sur une évolution récente de ces écarts en fonction des hauts et des bas de l'économie, mais ça existe sûrement.