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Injustice climatique: de New York à Haïti

Agence Science-Presse, le 15 novembre 2012, 11h25

(Agence Science-Presse) Un ouragan frappe New York et, du coup, les médias oublient de regarder Haïti, frappée en même temps. Annonciateur de gros problèmes, et pas seulement pour Haïti, pour les pauvres des pays riches aussi.

Source: NASA
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Source: NASA

Si d’autres ouragans frappent New York ou la côte Atlantique, comme le prévoient les climatologues, cela signifie que davantage d’Américains qui auraient jadis donné pour secourir Haïti verseront plutôt leur aide à leurs compatriotes. Et plus les dommages infligés par les changements climatiques se multiplieront à l’échelle planétaire, plus Haïti attendra son tour, résume le directeur de l’Institut du risque des catastrophes, le géographe Seth Baum, dans le Scientific American:

Une catastrophe planétaire pourrait contrecarrer le paradigme de l’aide internationale. De la même façon que les États-Unis sont maintenant moins capables d’aider Haïti, un événement d’envergure planétaire pourrait laisser chaque pays dévasté et incapable de faire appel à ses voisins.

Paradoxalement, dans une situation où ils se retrouveraient encore plus isolés qu’ils ne l’ont été après l'ouragan Sandy, certains quartiers de New York ne seraient pas en meilleure posture que certaines parties d’Haïti, poursuit l’auteur:

La partie rurale d’Haïti pourrait en fait s’en sortir mieux que le New York urbain, parce que les Haïtiens peuvent faire pousser leur propre nourriture. Une New York sans approvisionnements fait peur.

Ses habitants les plus riches n’auraient aucun mal à se loger ailleurs, mais on a pu voir combien les plus pauvres, même dans l’une des villes les plus riches du monde, sont démunis devant une soudaine pénurie d'essence ou de nourriture. Comme le rappelle le magazine The Nation:

Lorsque les banques et le marché boursier ont fermé, leurs employés ont continué de recevoir leurs chèques de paye. Les plus pauvres, ceux qui ne pouvaient pas se rendre à leur travail au salaire minimum, n’ont pas été payés du tout. Croyons-nous vraiment que la reconstruction des quartiers huppés de Battery Park va prendre autant de temps que la reconstruction —ou même les réparations— des grands projets domiciliares de Red Hook ou Brooklyn?

Ces dernières années, d’autres chercheurs ont déjà perçu le problème qui s’annonçait, en commençant à parler de justice climatique ou environnementale. Multipliez cela par d’autres crises amplifiées par le réchauffement climatique, et il se produit un effet domino, qui se répercute des plus pauvres d’une société riche aux plus pauvres des sociétés pauvres.