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De la science dans les élections: pour quand?

Je vote pour la science, le 2 avril 2014, 16h52

(Agence Science-Presse) Sans surprise, la science n’a pas été un enjeu de la campagne électorale québécoise. Mais que ni la santé ni l’environnement n’en aient fait partie non plus, voilà qui surprend un peu. À moins que ça ne fasse désormais partie de l’ordre naturel des choses?

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De la science dans les élections: pour quand?

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Une compilation en 2012: sur les 194 pages totalisant les programmes des 5 principaux partis politiques québécois, le mot «science» revenait 2 fois. Économie, 102 fois.

• Et en 2008: Élections québécoises: la science dans les programmes

• Et aux élections canadiennes: Les élections ne se gagnent pas avec de la science!

• Cette fois-ci: Combien de candidats avec une formation scientifique? Jean-François Cliche, du Soleil, a fait le calcul.

• Les ponts entre science et politique sont rares, mais pas inexistants. En 2012, cinq organismes québécois, dont l’Agence Science-Presse, avaient réuni des candidats montréalais pour un débat sur la science. Des étudiants de l’Université de Sherbrooke avaient organisé un semblable débat avec des candidats régionaux. Cette année, ils ont récidivé : le 27 mars, a eu lieu un débat sur la science à Sherbrooke.

Il y a aussi eu un débat sur l’environnement à la Maison du développement durable de Montréal, le 24 mars. Et deux sur l’enseignement supérieur, à l’Université Laval le 24 mars, et à l’Université de Montréal le 26 mars. Ainsi qu'un sur l’éducation à l’UQAM le 1er avril.

• Yves Gingras, «Deux modes de gouvernement de la science», Découvrir, septembre 2011.

• Josée Boileau, «Elections et environnement: ça va très mal», Éditorial, Le Devoir, 24 mars.

• «Cri du coeur des recteurs des universités québécoises», Le Devoir, 18 mars.

• On doit à Yves Gingras deux nouveaux livres dans les 12 derniers mois: Sociologie des sciences, dans la fameuse collection Que sais-je, et Les dérives de l’évaluation de la recherche, Éditions Raisons d’agir.

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L’an dernier, nous avions interviewé Anne Glover, conseillère scientifique du président de l’Union européenne, qui avait résumé le fait que science et politique semblent appartenir à deux planètes différentes, par ces mots: «les scientifiques adorent l’incertitude, les politiciens la détestent». Deux façons de travailler, deux façons d’appréhender le monde, deux objectifs divergents.

Pourtant, des ponts se construisent bel et bien entre science et politique. Et le gros de l’investissement en recherche dans les pays industrialisés provient encore des gouvernements. Sauf qu’à quand remonte la dernière fois que vous avez entendu votre politicien préféré parler de science?

Yves Gingras, sociologue et historien des sciences, raconte qu’il faut remonter loin dans le passé pour retrouver une campagne électorale québécoise occupée par un enjeu scientifique: l’époque du frère Marie-Victorin, et c’était il y a près de 80 ans.

Éric Montpetit, politologue dont les recherches portent sur les domaines de politiques qui exigent des connaissances scientifiques —comme les biotechnologies— constate que pour qu’un sujet scientifique perce, il faut qu’il y ait de l’économie derrière.

Mais faut-il blâmer uniquement les politiciens? Pourquoi pas les scientifiques qui s’impliquent peu dans l’espace public ? Ou leurs institutions qui font du lobby pour avoir plus d’argent?

Nos invités:

  • Yves Gingras, sociologue et historien des sciences à l’UQAM.
  • Eric Montpetit, professeur et directeur du département de science politique de l’Université de Montréal

Écoutez l'émission en cliquant sur le lien audio ci-contre, à gauche.

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Je vote pour la science est diffusée le lundi à 13h30, sur les six stations régionales de Radio Ville-Marie. Elle est animée par Isabelle Burgun et Pascal Lapointe. Vous pouvez également nous écouter le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal) et vous abonner sur iTunes.

Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions des saisons précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter.