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Tout savoir sur Rosetta

Agence Science-Presse, le 10 novembre 2014, 9h09

(Agence Science-Presse) Il y a l’atterrissage en direct sur la comète que plusieurs voudront suivre, mais il y a aussi tout le reste que plusieurs voudront comprendre: pourquoi cette mission, en quoi est-elle nouvelle... et que ça fonctionne ou pas, quelle est la suite? Nous vous offrons ici un survol des meilleures sources disponibles, qui sera remis à jour au fur et à mesure cette semaine.

Oui, cette photo nous provient bien d'une comète. En bas à gauche, l'un des pieds de Philae (ESA)
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Oui, cette photo nous provient bien d'une comète. En bas à gauche, l'un des pieds de Philae (ESA) Rosetta passant en revue sa "check-list" (ESA) La comète, vue à 30 km le 6 novembre (ESA) Tout savoir sur Rosetta

Horaire des événements des 11-12 novembre, par l’Agence spatiale européenne (ESA).

Le site de Rosetta.

2 mars 2004: Lancement de Rosetta du centre spatial de Kourou, en Guyane française.

2005, 2007 et 2009: Rosetta profite de trois rendez-vous avec la Terre pour accélérer grâce à la force gravitationnelle de notre planète.

Janvier 2014: après avoir été en hibernation depuis deux ans et demi, la sonde est réveillée.

Mai 2014: Rosetta commence à mettre les freins pour s’ajuster à la vitesse et à la trajectoire de la comète.

6 août 2014: arrivée en orbite de la comète 67P.

Septembre 2014: Rosetta en orbite à moins de 50 km.

1er octobre 2014: Rosetta en orbite à 15 km.

15 octobre: Rosetta en orbite à 10 km.

31 octobre: Rosetta en orbite plus large dite de «pré-livraison».

12 novembre: Largage de Philae.

12 au 19 novembre: Manoeuvres de Rosetta pour se replacer sur une orbite à 30 km.

• Ci-dessous: jolie vulgarisation sur «l'équipe» Rosetta/Philae.

Le 12 novembre, la sonde Rosetta, qui tourne autour de la comète 67P/Tchouriumo-Guérassimenko depuis août, largue son «petit» module Philae.

[ Ajout 14 nov - 22h ] Philae en hibernation

Deux tweets de l'équipe Rosetta-Philae publiés ce soir pour clore cette histoire:

- La batterie en était vraiment à ses derniers sursauts d'énergie.
- Philae s'est mis en hibernation. Pourrait-il se réveiller lorsque la comète sera plus près du Soleil et que les panneaux pourront emmagasiner davantage d'énergie. C'est possible. Mais en attendant, il reste à Rosetta des mois de travail autour de cette comète.

[ Ajout 14 nov - 18h45 Dernières nouvelles de Philae

Donc:

[ Ajout 13 nov - 8h15 ] Première photo!

Philae s'est bien posée. A l'ombre d'un gros rocher, ce qui explique peut-être la liaison radio intermittente. Pendant la matinée, un contact, plus court que prévu mais constant, a pu être établi avec Rosetta, tant que celle-ci était au-dessus de l'horizon. Philae transmet des données et l'image ci-contre —en fait, deux images, une partie de l'image panoramique qui devait être prise hier. Elle envoie aussi des données télémétriques qui confirment qu'elle a rebondi non pas une, mais deux fois.

[ Ajout 12 nov - 13h ] La séparation s'est bien passée, deux photos, montrant Rosetta depuis Philae et vice-versa, ont été partagées des milliers de fois par les réseaux sociaux. Sept heures plus tard, Philae a atteint la surface de la comète, un moment d'allégresse dans la salle de contrôle, et à travers le monde. Et puis, l'incertitude...

[ 12 nov - 15h45 ] S'est-elle posée à l'envers?

L'incertitude sur le sort de la sonde Philae demeure. Au terme d'une conférence de presse —sans questions— il a été confirmé qu'elle s'était bien posée, qu'elle avait bel et bien envoyé des signaux, mais qu'elle n'était pas dans une position idéale, sans que les ingénieurs ne semblent pouvoir dire quelle est cette position. Ceux-ci semblent s'entendre sur le fait qu'elle a rebondi après avoir touché le sol une première fois, et que les harpons censés l'arrimer au sol ne sont pas sortis. Est-elle posée à l'envers, aura-t-elle du mal à faire ses analyses? On en sera plus demain: pour l'instant, Philae ne peut plus communiquer avec Rosetta parce que (c'était prévu) l'orbite de Rosetta la place de l'autre côté de la comète.

[ 12 nov. - 11h45 ] Et maintenant?

Donc, elle s'est posée sur la comète. Mais ça ne fait que commencer. Première urgence: prendre des photos de son environnement immédiat, un échantillon de gaz, mesure du champ magnétique: 40 minutes pour récolter un maximum de données au cas où quelque chose tournerait mal après l'atterrissage. Ensuite, phase 2: 64 heures d'analyses scientifique frénétiques.

[ 12 nov - 9h30 HNE / 14h30 GMT ] La première photo:

Rosetta dans un rayon de soleil, photographiée par Philae peu après leur séparation.

[ 12 nov - 8h30 HNE / 13h30 GMT ] Pour patienter avant l'atterrissage...

[ 12 nov - 8h HNE / 13h GMT ] Propulseur défectueux?

L’inquiétude de dernière heure: que le propulseur qui doive servir à la phase finale d'atterrissage ne fonctionne pas. Selon la journaliste de Nature toutefois, le scientifique en chef de la mission «n’est pas inquiet du tout», parce que ces propulseurs étaient conçus à l’origine (il y a plus de 10 ans) pour une autre comète, beaucoup plus petite.

[ 12 nov - 6h55 HNE / 11h55 GMT ] Contact radio rétabli

Après un silence radio plus long que prévu, le premier signal de Philae après sa séparation est parvenu à la Terre vers 15h10 GMT. Train d'atterrissage sorti. On attend les premières photos, mais il faudra être patient, il paraît que les données rentrent lentement.

[ 12 nov - 5h30 HNE / 10h30 GMT ] Largage de Philae réussi

Visages heureux au centre de contrôle de Rosetta lorsqu'a été reçu le signal, il y a 90 minutes, que Philae s'était détaché comme prévu. Plus tôt dans la nuit, Rosetta avait effectué son dernier virage pour se placer dans l'axe de "livraison" (voir cette animation). Deux heures après la séparation, Rosetta est censé tenter de contacter Philae pour la première fois. La descente de Philae doit durer 7 heures.

[ Ajout 11 nov., 14h ] La précision de la manoeuvre

Les tireurs le savent: rien de plus difficile qu’une cible mouvante. On a affaire ici à une comète qui fait certes 4 km de large, mais qui tourne sur elle-même, et où on vise un secteur, baptisé Agilkia, d’environ 1 km carré. La séparation de Rosetta et de Philae doit se faire dans le bon angle, et il faut tenir compte de la force gravitationnelle de la comète qui, aussi faible soit-elle, peut dévier la trajectoire de Philae.

[ Ajout, 11 nov., 9h ] On s'est pourtant déjà approché d'une comète, n'est-ce pas?

S’approcher, oui. S’approcher autant, non. S’y poser, jamais. C’est une autre sonde européenne, Giotto, qui a effectué une première, en 1986, en s’approchant à 605 km de la célèbre comète Halley. Et Halley, qui ne revient dans nos parages que tous les 76 ans, était suffisamment célèbre pour avoir motivé le lancement de deux sondes russes (également dévolues à l’étude de Vénus) et deux japonaises. Bien qu’elles aient renvoyé photos et données en abondance, aucune n’est passé aussi près que Giotto, et aucune autre sonde n’a fait aussi bien jusqu’à aujourd’hui. Parmi celles qui ont tenté leur chance, on note la sonde américaine Stardust, qui a ramené sur Terre une poignée (microscopique) de grains de poussière recueillis dans la queue de la comète Wild 2, en 2006.

[ Ajout, 10 nov. ] Pourquoi le 12 novembre, alors que Rosetta va continuer à tourner autour de cette comète pendant des mois ?

Parce que 67P, comme toute comète qui se respecte, s’approche du Soleil —et que plus elle s’en approche, plus elle devient inhospitalière pour un robot. Au point où, à un moment donné, Philae sera trop chaud pour demeurer fonctionnel : les ingénieurs ont fixé mars 2015 comme limite théorique pour la mission. 67P ne sera pourtant à son point le plus rapproché du Soleil qu’en août 2015, à 185 millions de km (en comparaison, la Terre est à 150 millions de km)

Pourquoi fait-on tout un plat de l’atterrissage sur une comète?

La gravité est presque nulle, ce qui veut dire que si la sonde ne s’accroche pas solidement, elle risque de «rebondir», et d’aller se perdre dans l’espace. Ensuite, la nature de la surface est incertaine: un mélange de poussière et de glace, mais sera-t-il assez solide pour y accrocher une sonde spatiale de 100 kilos et de la taille d’une machine à laver? Enfin, une comète ne serait pas une comète sans sa queue: bien que 67P ne soit pas encore assez près du Soleil pour en avoir une, la chaleur de notre étoile commence à se faire sentir, juste assez pour que des jets de gaz émanent de-ci de là. Philae n’apprécierait pas en recevoir un en plein visage.

Pourquoi se donner tant de mal pour étudier une comète ?

Ces «boules de neige sales» que sont les comètes sont formées d’une «soupe» congelée qui est peut-être restée telle quelle depuis la naissance du système solaire. De plus, il est possible que certains moments-clefs de l’histoire de notre planète, à commencer par l’apparition de la vie, aient été déclenchés, accélérés ou influencés, par des comètes, plus nombreuses à percuter la Terre il y a 4 milliards d’années qu’aujourd’hui. La grande question est donc: qu’y a-t-il dans cette soupe cométaire ?

Un voyage de 10 ans

Lancée en mars 2004, la sonde européenne Rosetta a suivi un parcours de 10 ans et de plus de six milliards de kilomètres pour rattraper «sa» comète. Elle a, pendant ce temps, tourné cinq fois autour du Soleil et s’est servie du champ d’attraction de Mars et de la Terre pour augmenter sa vitesse.