Le décès, le jour de Noël, de la physicienne américaine Vera Rubin, a été l'occasion de rappeler que seulement deux femmes ont reçu un Nobel de physique. Sur 204 lauréats.

Et Vera Rubin était, depuis des années, en tête de liste des femmes proposées pour ce prix. On lui doit des observations qui ont démontré l’existence de ce qu’on allait plus tard baptiser la matière sombre : cette matière que nul ne peut voir, mais dont on peut mesurer la présence par la force gravitationnelle qu’elle exerce sur les galaxies. Certes, elle n’est pas la seule scientifique dont les observations ont conduit vers la matière sombre ; mais comme le rappelle sa collègue Lisa Randall, ça n’a pas empêché Arno Penzias et Robert Wilson de décrocher un Nobel pour leurs observations d’un « bruit de fond » qui s’est plus tard avéré être le bruit de fond cosmique, survivant du Big Bang.

 

Vera Rubin, qui était âgée de 88 ans, a aussi ouvert les portes de l’astronomie à beaucoup de femmes, tant elle a dû se battre parce qu’elle était une femme : elle a fait son doctorat au tournant des années 1950, à une époque où certains départements d’astrophysique n’admettaient même pas les femmes, et elle a dû se battre pour la même raison pour avoir accès au télescope du Mont Palomar au début des années 1960. Elle aurait sans doute été enchantée qu’après sa mort, un magazine pour adolescentes, Teen Vogue, lui rende hommage, côte à côte avec une autre femme des étoiles disparue en 2016, Carrie Fisher, la princesse Leia de Star Wars.