Discutez avec nos experts ! - Hélène Gaonac’h, volcanologue (2 de 3)
Avec la récente éruption de l'Eyjafjallajökull, nous nous sommes dit qu'il s'agissait d'un excellent moment pour faire un petit survol de nos connaissances en volcanologie avec une volcanologue... québécoise !
Saviez-vous que la plupart des volcans se trouvent au fond des océans ? Ou que l'étude des volcans est une porte ouverte sur des tonnes de travaux différents en science, en communication, en arts ? Une carrière en volcanologie, ça vous intéresse? Nous vous invitons à lui poser vos questions, auxquelles elle répondra pour la prochaine semaine.
Un volcan est toujours en évolution (2 de 3)
Beaucoup d'encre a coulé depuis le 20 mars dernier, lorsque l'Eyjafjallajökull est entré en éruption. Cet édifice volcanique - qui a forcé la fermeture de l'espace aérien au dessus de l'Europe pendant plusieurs jours - s'élève à 1666 mètres d'altitude et possède une grande caldeira de 2.5 km de diamètre, une cavité à son sommet. L'Islande est reconnue pour avoir de nombreux volcans qui se retrouvent sous la glace et ne sont pas tous pour autant des volcans en forme de « table mountain volcano », mais c'est le cas de ce volcan. Le contact entre le magma qui arrive à la surface et la glace provoque des explosions violentes projetant les morceaux de magma (pyroclastites) à des kilomètres en altitude.
Mais alors cette éruption est-elle considérée comme importante ? Non, pas vraiment, en comparaison de celle du Mt St-Helens en 1980 aux U.S.A. et encore moins de celle du Mont Pinatubo en 1991 aux Philippines. Mais avant de discuter de puissances éruptives comparées, de risques, de danger, reprenons le tout au commencement de cette éruption.
Contrairement à ce que l'on peut trop rapidement penser, un édifice volcanique est une formation géologique en continuel changement. Selon les cas, un volcan peut passer d'un mode éruptif à un autre. Ceci peut même se passer lors d'une éruption. C'est ainsi que le volcan Eyjafjallajökull a démarré son éruption le 20 mars 2010 après avoir donné des signes précurseurs les semaines précédentes : séismes nombreux, déformation du volcan. Des fontaines de lave de type hawaiienne jaillirent sur 500 mètres de long dans une partie non recouverte de glace au sommet, ne laissant s'échapper qu'un petit panache volcanique de cendres.
Puis, le 14 avril, le magma s'est faufilé sous la partie centrale du glacier pour créer de nouveaux cratères ; le volcan a modifié son style d'éruption et est devenu plus explosif. Le contact entre le magma et le glacier provoqua alors des jets de pyroclastites ou téphras de tailles très variées ainsi que des déversements d'eau de fonte du glacier et de boues. Selon la force des jets, le panache volcanique monte à plus ou moins grande altitude : 5 kilomètres, 8 voir plus. C'est ainsi que le nuage de cendres, de gaz et de vapeur d'eau s'est alors élevé à des élévations qui ont interféré avec celles des lignes aériennes en Europe.
Puis la masse de glace au niveau de la zone d'activité diminuant, le volcan est entré dans un nouveau régime de type strombolien vers le 18 avril : le nom vient du volcan Stromboli en Italie qui produit des explosions plus ou moins fortes, d'ordre magmatique, en lien avec la quantité de gaz contenu dans le magma. Nous en sommes actuellement à ce stade.
Que va-t-il se passer maintenant ?
Hélène Gaonac’h est volcanologue et chercheuse au Centre de recherche en géochimie et géodynamique (GEOTOP: www.geotop.ca). En plus de ses travaux scientifiques universitaires, elle communique sa science et sa passion des volcans aux enfants, avec le personnage de Vicki Volka, dont nous pouvons suivre les péripéties dans le livre Volcans et crème glacée à l’italienne, s’il vous plaît !, paru aux Éditions MultiMondes. Elle organise également des camps de jour scientifiques au GEOTOP sur les volcans, sur l'histoire de la Terre.
Cliquez ici pour lire son premier billet : Les volcans d'Islande (1 de 3)
Cliquez ici pour lire son troisième billet : Une histoire de poule et d'oeuf ? (3 de 3)
10 commentaires
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par Hélène Gaonac'h
il y a 1 année
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Bon Yellowstone est un "supervolcan" c'est à dire un volcan qui lorsqu'il entre en éruption a une puissance éruptive très grande. Selon un indice établi par des volcanologues en 1982, le VEI - Volcanic Explosivity Index - Yellowstone se situe à l'extrême max de cette échelle, vers un indice de 8 (en comparaison l'éruption du volcan Mt Sh Helens en 1981 serait à un VEI de 4.5 à 5. |
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par Sandrine Hébert
il y a 1 année
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comment cette histoire va se terminer selon vous ? |
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par Hélène Gaonac'h
il y a 1 année
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Je n'ai pas de réponse et les autres volcanologues n'ont plus. Un volcan peut avoir une éruption courte de quelques jours à quelques semaines ou plus longues de plusieurs années. Le volcan Stromboli par exemple est en éruption depuis plus de 2000 ans! Mais cette question rend le sujet intéressant n'est-ce pas. |
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par Sandrine Hébert
il y a 1 année
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Oui. Merci beaucoup de m,avoir répondu. |
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par Nathalie Guimond
il y a 1 année
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Lors d'une visite à Hawaii, tout près du Kilauea, je me rappelle avoir vu beaucoup d'insectes sur les coulées de lave fraîchement refroidies. Est-ce que sont les seules formes de vie à ne pas avoir de problème avec ce changement radical à leur écosystème? Ou plus précisément: Est-ce que certaines espèces végétales ou animales prolifèrent particulièrement bien en milieu volcanique? Merci! :) |
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par Hélène Gaonac'h
il y a 1 année
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Végétation et animaux seront détruits si une éruption attaque leur environnement. Par contre les régions volcaniques sont connues pour être très fertiles, de part la présence de certains éléments chimiques que l'on y trouve (ex potassium) et de la grande porosité des roches volcaniques qui retiennent l'eau. Si les conditions climatiques comme à Hawaii ou en Indonésie sont propices (chaud et humide),flore et donc ensuite faune se réapproprieront cette région. C'est l'une des raisons qui incite les populations à rester dans ces endroits si dangereux. Les laves dont vous parlez ne devaient pas être si chaudes pour que des insectes s'y posent. Un bain de soleil peut-être? |
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par Nathalie Guimond
il y a 1 année
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C'était tiède, on pouvait y poser la main. :) Merci! |
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par Josée Nadia Drouin
il y a 1 année
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Je lisais que le Katla, un volcan voisin plus important en taille, pourrait aussi se réveiller. Est-ce une réaction en chaîne? L'éruption d'un volcan peut-elle en déclencher une autre? Ont-ils des ramifications souterraines? |
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par Hélène Gaonac'h
il y a 1 année
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Je ne suis pas très au courant de la géologie locale là-bas mais les volcanologues craignent, à ce que j'ai lu, que les réseaux souterrains de fractures et de "dykes" - chemins pris par le magma - ne soient connectés. La structure interne d'un volcan est toujours très complexe et le schéma d'une "cheminée" magmatique est bien loin de la réalité. En fait à l'intérieur, à cause de pressions locales ou régionales, de nouveaux passages pourraient se créer et ne pas laisser ressortir le magma au sommet mais plutôt sur les flancs du volcan, voir même atteindre d'autres réseaux magmatiques. À suivre donc. |
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est-ce vrai que le parc yellow stone est une méga bulle de lave qui attend d'exploser incessamment après quoi la vie sur Terre risque de sérieusement changer .. en Amériques en tous cas .. j'ai un peu peur j'avoue :o