Le nutritionniste s’intéresse aux aliments, à la science de la nutrition, aux apports alimentaires et aux comportements, mais aussi aux effets de ces choix sur l’industrie bioalimentaire et même sur la planète. C'est pourquoi j'ai participé ce mois-ci au Congrès international de diététique, dont le thème était le développement durable. Un sujet des plus intéressants, qui tient compte des environnements, des individus et de l’économie, en espérant que les décisions prises aujourd’hui ne compromettent pas les besoins des générations du futur.

Le développement durable doit maintenant faire partie des préoccupations des professionnels de la santé lorsqu’ils font des recommandations en lien avec de saines habitudes de vie. Par exemple, si je vous recommande de bien vous hydrater, je vais d’abord vous recommander de boire de l’eau, mais je vais ensuite préciser qu’il est encore mieux si vous avez une gourde que vous remplissez à l’abreuvoir de l’école.

Autre exemple : si je vous donne des conseils pour augmenter votre consommation de fruits et de légumes, je vais insister pour vous recommander de mettre de la variété dans vos choix, mais aussi pour que ces produits aient été cultivés au Québec, et ainsi vous apprendre à profiter de leur variété selon les saisons.

Encore un exemple : si je vous recommande de prendre un repas comprenant une source de protéines, je vais mettre de l’avant les bénéfices nutritionnels, mais aussi environnementaux du végétarisme, à mettre dans votre assiette peut être une fois par semaine !

En d’autres termes, les nutritionnistes vous sensibilisent aux meilleurs choix alimentaires, mais aussi à l’impact économique, politique et social de vos choix et de vos comportements.

Actuellement, au Québec, le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation mène un projet, le Sommet sur l’Alimentation, et sollicite les mangeurs pour qu’ils partagent sur le web leurs inquiétudes, leurs attentes et leurs comportements sur des thèmes très variés. Ainsi, on leur demande de répondre aux questions suivantes :

  • Que souhaitez-vous savoir sur les produits que vous achetez ?
  • Où et comment voudriez-vous consulter ces renseignements ?
  • Quelles sources d’information vous inspire le plus confiance ?
  • Décrivez vos habitudes de consommation au quotidien pour éviter le gaspillage.
  • Si vous ou vos proches avez des allergies, quelles solutions doivent être mises en œuvre pour que vous puissiez vous alimenter sans tracas ?
  • Que faites-vous pour prévenir les intoxications alimentaires à la maison ?
  • De quelles autres façons pourrait-on en savoir plus sur un aliment et éviter le trop-plein d’information sur l’étiquette ?

C’est une consultation très intéressante, car les consommateurs répondent en ligne et leurs réponses sont accessibles à tous. Fascinant pour une nutritionniste qui, dans le cadre de ses recherches, s’intéresse toujours aux points de vue des mangeurs. Inutile de vous dire que je récolte précieusement ces commentaires publics.

Amusez-vous, tentez de répondre à certaines des questions et allez voir les réponses des Québécois. L’exercice est important, car ces données vont alimenter (quel jeu de mots !) la réflexion du Ministère pour définir une vision commune de l’avenir du secteur de l’alimentation et dessiner la future politique bioalimentaire du Québec, prévue pour 2018, rien de moins !

Pour avoir un aperçu des demandes et des attentes des consommateurs québécois d’aujourd’hui et de demain, le ministère a rédigé un cahier résumant le tout. Il y a certainement des attentes qui vous rejoignent dans ce cahier.

Alors, si vous avez été assez curieux pour lire les commentaires des consommateurs et consulter le cahier, des études en nutrition vous intéresseraient, car elles ouvrent la porte sur les comportements et les dimensions sociales et économiques de chacune de nos décisions alimentaires. J’aimerais bien vous enseigner !

Bonne réflexion !