Pour certains, l’idée de couper un arbre pour en faire une décoration de Noël qu’on jette au bout de quelques semaines ne fait aucun sens d’un point de vue environnemental. Le sapin artificiel semble donc un choix plus écologique, puisqu’il se conserve quelques années. Or, déterminer le bilan environnemental, c’est bien plus large.

Le résultat d’une analyse du cycle de vie

Cet exercice a été réalisé en 2008 par la firme québécoise Ellio (à l’époque Ellipsos), spécialisée en développement durable. Ils ont effectué une analyse de cycle de vie qui prend en compte les différents impacts sur l’environnement, de la fabrication à la fin de vie, en passant par l’emballage, le transport et l’utilisation. En tout, quatre types d'impacts ont été évalués : l’épuisement des ressources, les changements climatiques, les effets sur les écosystèmes et la santé humaine.

Selon cette analyse, le sapin artificiel est moins écologique que le sapin naturel :

  • Il est souvent fabriqué en Asie.
  • Des matières polluantes comme le métal et le PVC le composent.
  • Il n’est généralement pas recyclable.
  • On le retrouve le plus souvent au dépotoir après seulement six années d’utilisation.
  • Il génère aussi 8,1 kg de gaz carbonique par an, ce qui est presque trois fois plus élevé que le sapin naturel (3,2 kg par an).

Bien entendu, la culture de sapins naturels a elle aussi des répercussions environnementales. Par exemple, cette monoculture nécessite l’usage de pesticides qui ont des impacts sur le milieu naturel, la biodiversité et la santé humaine. Toutefois, son utilisation des ressources naturelles et son bilan carbone plus faible, en font un meilleur choix environnemental.

Quelques nuances de vert

L'analyse de cycle de vie effectuée par Ellio apporte aussi quelques précisions utiles :

  • La firme a utilisé 5 km comme distance moyenne pour aller chercher un sapin. Ceux qui doivent parcourir une plus longue distance augmentent donc leurs émissions de gaz à effet de serre par rapport au calcul. Pour ces personnes, le sapin artificiel pourrait s’avérer un meilleur choix à long terme, dans le contexte de la lutte aux changements climatiques.
  • On peut réduire l’empreinte carbone du sapin artificiel en le conservant une bonne vingtaine d’années.  

Les auteurs de l’étude tiennent aussi à relativiser les impacts environnementaux engendrés par ces deux types de sapins : ils sont « négligeables comparés à ceux d'autres activités, comme l'utilisation de la voiture ».

Verdict

Le sapin naturel représente un meilleur choix environnemental, sauf pour ceux qui doivent parcourir plus de 5 km en auto. Ceux qui sont prêts à conserver leur sapin de Noël artificiel pendant une vingtaine d’années font un choix tout aussi vert.

 

Ève Beaudin