Après une grosse journée, une consommation alcoolisée aide votre esprit à se libérer… Voir même à se nettoyer ! Publiée en janvier 2018 dans le journal Scientific Reports, une étude démontre qu’une faible consommation d’alcool diminue l’inflammation et aide le cerveau à se libérer de toxines, incluant celles associées à la maladie d’Alzheimer. 

Le docteur Maiken Nedergaard, de l’Université de Rochester aux États-Unis, est l’un des chercheurs de cette étude. L’accent du projet de recherche était sur le système glymphatique. C’est un système de nettoyage unique dans le cerveau qui s’active surtout pendant le sommeil ou encore, avec une faible consommation d’alcool. En 2012, le Dr Nedergaard avait montré comment le liquide cérébro-spinal, aussi appelé liquide céphalo-rachidien, évacuait les déchets du cerveau. C’est dans ce liquide biologique transparent que baignent le cerveau et la moelle épinière. Dans les déchets évacués, on retrouve deux protéines associées à la maladie d’Alzheimer et d’autres formes de démence.

Les résultats observés chez les souris

Un objectif de l’étude était d’examiner l’impact de la consommation aiguë et chronique d’alcool chez les souris. Pour ce faire, les chercheurs ont étudié trois groupes de souris : un groupe avec une forte consommation d'alcool, un second était exposé à une faible quantité d'alcool et le 3e groupe demeurait sobre.

Les chercheurs ont observé un taux élevé de marqueurs d’inflammation dans le cerveau du groupe de souris ayant consommé beaucoup d’alcool sur une longue période de temps. Ces marques auraient surtout été observées sur les astrocytes, des cellules nerveuses en forme d’étoile. Ces cellules sont des régulatrices importantes du système glymphatique. Les chercheurs ont aussi remarqué une détérioration des capacités cognitives et motrices de ces souris.

Un second groupe de rongeurs était exposé à une faible quantité d’alcool quotidienne équivalente à 2,5 verres de vin ou de bière régulière. Leur cerveau présentait moins d’inflammation et leur système glymphatique était plus efficace pour éliminer les déchets, comparativement au groupe de souris sobres. Quant aux capacités cognitives et motrices des souris ayant consommé peu d’alcool, elles étaient identiques à celles sobres.

Teneur en alcool et consommation ou verre standard
Teneur en alcool : consommation ou verre standard. Source: Éduc'alcool

La dose fait le poison

« Les données sur les effets de l'alcool sur le système glymphatique semblent correspondre au modèle en J relatif aux effets de dose d'alcool sur la santé générale et la mortalité, où de faibles doses d'alcool sont bénéfiques, tandis qu'une consommation excessive est nuisible à la santé globale. » Conclut le Dr Nedergaard.

Les bénéfices sur la santé d’une faible quantité d’alcool sont bien documentés scientifiquement. La diminution des risques de maladies cardiovasculaires, de certains cancers et autres maladies chroniques a été rapportée dans plusieurs études.

Toutefois, le Dr Nedergaard rappelle qu’une consommation d’alcool excessive et prolongée cause des effets dommageables sur le système nerveux central : « Des études ont montré qu’une consommation faible à modérée d'alcool est associée à un risque moindre de démence, tandis que la consommation excessive d'alcool pendant de nombreuses années augmente le risque de déclin cognitif. Cette étude peut aider à expliquer pourquoi cela se produit. Plus précisément, de faibles doses d'alcool semblent améliorer la santé globale du cerveau. » Une consommation excessive se traduit par six consommations pour les hommes et quatre pour les femmes par jour. 

Une nouvelle étude, publiée dans The Lancet Public Health en février 2018, vient appuyer ces résultats. Les chercheurs Français ont démontré qu’une consommation excessive d’alcool multiple par trois le risque de développer une démence, en particulier les démences précoces. Ils ont découvert que 57 % des démences étaient directement liées aux dommages du cerveau causés par l'alcool. Ainsi, consommer beaucoup d’alcool devient un facteur de risque plus important que le tabac ou encore, l'hypertension !

Et les Québécois dans tout ça ?

En 2017, Éduc-alcool a mené une enquête sur les Québécois et l’alcool. Il ressort de ce rapport que 11 % des buveurs réguliers ne sentent pas que leur consommation est nuisible à leur santé. Par ailleurs, 6 à 7 % de consommateurs rapportent boire des quantités excessives d’alcool hebdomadairement.

Les niveaux de consommation recommandés varient surtout selon le sexe. Les femmes devraient se limiter à 2 verres par jour et à un maximum de 10 verres par semaine. Pour les hommes, la limite est à 3 verres par jour et à un maximum de 15 verres par semaine.

Trinquez modérément pour libérer vos toxines !