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Quand un président se mêle de science (et ça continue)

Agence Science-Presse, le 8 novembre 2007, 12h00

(Agence Science-Presse) On aurait pu croire qu’après avoir été si souvent accusé, le gouvernement Bush y serait allé plus mollo sur la « réécriture » de conclusions scientifiques qui ne l’arrangent pas. Eh bien non, il continue.

A lire:

Quelques autres articles de la série "Quand un président se mêle de science": juin 2005, août 2003, août 2001, ainsi que La science Bush (août 2004), Quand des scientifiques s'occupent d'un président (février 2004), Les scientifiques attaquent Bush (mai 2001) et Il y a moyen de faire mieux, George (avril 2001)

Cette fois, c’est nul autre que le conseiller scientifique du Président qui a été accusé d’avoir « atténué » les conclusions d’un rapport, le 23 octobre, dont les conclusions ne lui plaisaient manifestement pas.

24 heures plus tôt, Julie Gerberding, directrice du prestigieux Centre de contrôle des maladies d’Atlanta, avait soumis à la Maison-Blanche, comme c’est l’usage, le texte du témoignage qu’elle devait livrer le lendemain à un comité du Sénat. Et la Maison-Blanche s’est empressée de couper son témoignage de moitié..

Qu’est-ce qui a été coupé? Entre autres, six pages consacrées aux impacts potentiels du réchauffement planétaire sur la santé des Américains. Par exemple, les effets appréhendés de canicules accrues, de la pollution de l’air plus stagnante au-dessus des villes et de maladies infectueuses tropicales progressant vers le Nord.

Rien de très original, en somme. Mais par le biais du Bureau des politiques scientifiques et techniques (Office of Science and Technology Policy), qui a refusé de rendre publique la version originale du document, John Marburger se défend en invoquant le « manque général de précision » quant aux allégations contenues dans le document original. Les sénateurs démocrates n’ont pas manqué cette occasion d’attaquer la Maison-Blanche, rappelant qu’elle a accumulé, ces dernières années, un historique d’ingérences dans la recherche scientifique.

Ceci dit, loin de la Maison-Blanche, de telles ingérences continuent de se produire, sans qu’elles n’aient droit à la même attention médiatique. À l’autre extrémité du pays, le Seattle Post-Intelligence écrivait en éditorial, le 29 octobre qu’une ancienne directrice adjointe du Service de la faune et des pêches, Julie MacDonald, avait trituré des rapports scientifiques sur un oiseau de mer, le guillemot marbré (la photo), menacé de disparition —apparemment parce que le gouvernement américain voulait justement retirer cet oiseau de la liste des espèces menacées.

Mme MacDonald a été mise à pied en mai dernier, après qu’il eut été révélé qu’elle avait trituré plusieurs autres rapports et recommandations liés à la protection des espèces menacées.

Le Service de la faune avait accepté de réviser certaines de ces décisions en juillet dernier, mais pas la dernière en date. Celle-ci est devenue publique lorsqu’une firme d’avocats spécialisée en environnement, Earthjustice, a dévoilé des documents incriminants.