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Les débrouillards

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L’âge de la lenteur

Isabelle Burgun, le 28 septembre 2011, 13h25

(Agence Science-Presse) Avec le temps, tout va bien, mais... plus lentement! En vieillissant, le cerveau devient plus économe et anticipe moins facilement les actions à venir.

© Scott Griessel | Dreamstime.com
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© Scott Griessel | Dreamstime.com

Lorsqu’elles sont en santé, les personnes âgées présentent pourtant une bonne santé cognitive. De fait, le siège de la pensée des personnes âgées performe aussi bien que celui des jeunes, mais pas au même rythme!

«Le cortex frontal –la zone des décisions– est sollicité seulement au moment de l’exécution de la tâche», note Oury Monchi, professeur associé au département de radiologie, radio-oncologie et médecine nucléaire de l’Université de Montréal.

Les résultats de l’étude entreprise par le chercheur, publiés dans une récente édition de la revue Cerebral Cortex, indiquent que le cerveau solliciterait des régions différentes chez les aînés lors des différentes étapes de l’exécution de tests lexicaux pour arriver aux mêmes résultats.

Les participants à cette étude devaient dans un premier temps associer des mots selon différentes règles: la sémantique qui s’intéresse au sens des mots comme dans «poignée» et «cadran» qui réfèrent tous deux à un objet, la rime, par exemple «poignée» et «araignée» ou l’attaque, le début du mot, avec «poignée» et «poivron».

Puis, les chercheurs les obligeaient à s’adapter en changeant les règles. Conclusion: les cerveaux plus âgés, placés sous la loupe de l’imagerie par résonnance magnétique fonctionnelle, affichaient un temps de réaction plus tardif que celui des plus jeunes.

Une précédente étude de l’Université Concordia à Montréal relevait que, face à un événement inattendu, les plus vieux d’entre nous s’avèrent moins rapides. Dans ce cas-ci, «le cerveau prend la décision bien avant le temps de l’exécution chez un plus jeune. Chez les aînés, cela se produit presque simultanément.»

Et les Serious Games?

De nombreux chercheurs se penchent sur le développement de Serious Games, les «jeux sérieux» à visée pédagogique ou d’entraînement destinés aux personnes âgées pour contrer le ralentissement des facultés vieillissantes.

«À quel point ça marche? Cela reste la grande question. Il faut qu’il soit recommandé par une personne qualifiée (hôpital, centre de soins, etc.), mais aussi que l’utilisateur l’utilise régulièrement», relève le chercheur. Ne pas prendre le jeu sérieusement et jouer occasionnellement risque de peu stimuler un cerveau déjà économe!