2011 aura été l’Année internationale de la chimie. Un choix qui fut motivé en partie par le fait que cette discipline a grand besoin d’être revalorisée aux yeux du public. Mais cela suffira-t-il et l’élan se poursuivra-t-il en 2012?

À l’émission cette semaine, trois chimistes pour qui leur discipline est sans conteste « la science centrale ». Reste à en convaincre les futurs scientifiques, chez qui la biologie exerce parfois une bien plus grande force d’attraction. Comment combattre ce handicap et comment s’attaquer aux préjugés qui, dans l'opinion publique, ternissent l’image de la chimie?

La chimie verte pourrait être un moyen. Nos invités s’entendent en tout cas pour la voir comme l’un des grands défis des prochaines décennies, en compagnie du développement d’une pharmacologie liée au vieillissement de la population.

Et qu’en est-il de la responsabilité sociale des chimistes? Une interrogation qui revient à la surface avec chaque nouvelle controverse. On s’attarde au cas du gaz poivre, mentionné ici.

Les invités :

En musique : La super chimie orga, composée en 2008 par deux étudiants de la Faculté de pharmacie de l’Université de Rennes.

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Je vote pour la science est diffusée le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal). Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions de la saison précédente. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et nous télécharger sur iTunes.

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Transcription des actualités

La pizza qui pousse dans les arbres Et on commence avec une petite nouvelle banale, mais ça ne pouvait pas être plus à l’intersection de la science et de la politique : les politiciens américains ont décrété le mois dernier que la pizza est un légume!

Je sens que j’ai maintenant votre attention. L’histoire a commencé au comité du Congrès qui révisait les dépenses gouvernementales, et qui s’apprêtait à insérer une disposition du ministère de l’Agriculture déclarant que l’obésité infantile est devenue un grave problème, et que le gouvernement devrait donc retirer ses subventions aux cafétérias d’écoles qui servent de la pizza congelée.

Voyant venir le coup depuis un an, l’industrie américaine des aliments congelés a dépensé 5 millions $ en lobbys pour convaincre les élus d’épargner leurs pizzas. Et c’est ce qui a été fait : un amendement a été ajouté, qui dit qu’une pointe de pizza est l’équivalent d’une portion de légume.

Colombie-Britannique : l’autre pipeline se heurtera aux autochtones Comme deuxième nouvelle cette semaine, allons-y avec quelque chose de plus consistant. On parlait il y a quelques semaines d’un projet de pipeline devant relier l’Alberta au Texas, et qui a généré une telle opposition aux États-Unis qu’il a temporairement été mis sur la glace par le gouvernement américain. Un second projet de pipeline devant relier cette fois l’Alberta à la Colombie-Britannique et à ses ports du Pacifique pourrait aussi faire face à une vive opposition, cette fois des groupes autochtones.

Jeudi dernier, une soixantaine d’entre eux ont publié un communiqué commun, où ils annoncent leur opposition à tout pipeline transportant du pétrole des sables bitumineux à travers leurs terres. La compagnie Enbridge, qui est derrière le projet de pipeline Northern Gateway, se dit en négociations avec les groupes autochtones concernés, mais renvoie aussi la balle au gouvernement de Colombie-Britannique qui, ultimement, devra trancher.

Pour l’instant, l’Alberta peut augmenter ses exportations de pétrole à travers les pipelines déjà existants. Mais cette croissance pourrait être compromise à partir de 2020, si aucun nouveau pipeline n’est construit.

Danemark : participation citoyenne sous le couperet

Et en terminant. On a souvent parlé à cette émission des difficultés à rapprocher la science du citoyen, et des difficultés à impliquer les politiciens. Un pays qui était un pionnier en la matière, le Danemark, va fermer dans quelques semaines une institution qui était une pionnière en matière de participation citoyenne.

Le Bureau des technologies du Danemark a été créé en 1986 pour conseiller les élus et à cette fin, il a souvent innové dans ses façons de consulter le public sur ses attentes et ses craintes . Par exemple, sur des sujets aussi divers que la biologie synthétique, la gestion durable des transports ou les nouvelles technologies de la communication. Il a aussi mené en 2009 une étude internationale sur la façon dont les communications affectent la perception qu’a le public des changements climatiques.

Le gouvernement danois semble déterminé à mettre fin en 2012 à son budget annuel de 1,8 million$.