Donc, semblerait que la fin du monde soit programmée pour le 21 décembre prochain. Apporter des arguments contraires, c’est une chose. Mais se demander pourquoi tant de gens y croient, et s’il est possible de les aider, c’en est une autre. C’est le sujet avec lequel nous ouvrons l’année —fatidique?— 2012.

Si vous cherchiez une façon de faire fortune, vous auriez pu investir dans l’année 2012. Des auteurs ont publié des best-sellers où ils prétendent avoir décodé les secrets des Mayas ou de la planète Nibiru. Et bien sûr, il y a eu le film 2012, de Roland Emmerich, qui a rapporté plus de 760 millions$.

Nos trois invités ont tous, à des degrés divers, travaillé à remettre les pendules à l’heure. Robert Lamontagne est astronome, et bien placé pour savoir que si la planète Nibiru existait, à l’heure qu’il est, même les amateurs la verraient dans leurs télescopes. Louise Paradis est anthropologue spécialiste des cultures mésoaméricaines, et elle nous explique pourquoi, contrairement à la croyance populaire... les Mayas n’ont jamais prédit de fin du monde. Et Michael Kropveld, directeur général d’Info-Secte, a vu plus que sa part de prévisions manquées de fins du monde depuis 30 ans qu’il occupe ce poste.

A-t-on raison de rire de ces croyances, ou faut-il s’inquiéter pour ces gens qui croient fermement que leur fin approche? Et ceux-là, est-il utopique d’imaginer qu’on puisse établir un dialogue, sur la base d’informations solides ou d’un appel à l'esprit critique?

Avis aux intéressés : Robert Lamontagne donne une conférence sur les mythes de 2012 ce vendredi —vendredi 13!— dans le cadre de la rencontre de janvier des Sceptiques du Québec.

Nos invités :

En musique : Corneille, Le jour après la fin du monde.

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Je vote pour la science est diffusée le mardi à 11h à Radio Centre-Ville (102,3 FM Montréal). Vous trouverez sur cette page des liens vers les émissions précédentes. Pour en savoir plus sur l'initiative Je vote pour la science, rendez-vous ici. Vous pouvez également nous suivre sur Twitter et nous télécharger sur iTunes.

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Transcription des actualités

L’Agence Science-Presse, comme la plupart des autres médias, a publié en début d’année sa liste des sujets qui seront probablement déterminants en 2012. Parmi eux, il y a quelques dossiers de science-pure-et-dure, c’est-à-dire des découvertes qu’on croit être imminentes, mais il y a aussi beaucoup de dossiers qui sont à la frontière de la science et de la politique.

En premier lieu, les pipelines canadiens

Ceux qui suivent les nouvelles en environnement se rappelleront que cet automne, le projet de pipeline Keystone XL, qui doit relier les sables bitumineux de l’Alberta au Texas, a été mis sur la glace par le gouvernement américain. Ca a été une surprise, parce que tout le monde croyait que le projet était dans la poche, mais un gros mouvement d’opposition aux États-Unis a apparemment fait hésiter le gouvernement Obama.

Or, il y a un deuxième pipeline qui pourrait faire face cette année à la même opposition, et cette fois au Canada. Celui-là s’appelle Northern Gateway, il doit relier l’Alberta à un port du Pacifique, en C-B. Il y a quelques semaines, une soixantaine de groupes autochtones ont annoncé leur opposition à tout pipeline passant par leurs terres. Des audiences publiques commencent cette semaine à Vancouver, elles vont peut-être permettre de mesurer l’ampleur de l’opposition.

Deuxième sujet science & politique à suivre à 2012... les Jeux Olympiques!

En juillet auront lieu les Jeux Olympiques, à Londres. Comment dépasser les limites de l’endurance humaine, comment s’entraîner, mais aussi comment se droguer et comment tricher... La science à l’honneur, pour le meilleur et pour le pire.

Et en 3e lieu... Peut-être un nouveau discours pour les écologistes?

C’est parce qu’en juin, il va y avoir une importante rencontre internationale, au Brésil, qui va marquer le 20e anniversaire du Sommet de Rio de 1992. Celui qu’on avait appelé le Sommet de la Terre. Il avait été un moment marquant pour la prise de conscience des dégâts que nous causons à notre planète. Et l’entente de Kyoto, qui impose des réductions de gaz à effet de serre, était née de là.

Mais ces dernières années, l’intérêt pour les conférences sur le climat s’est émoussé, et la récession a réorienté les priorités des gouvernements. Pendant ce temps, le discours des écologistes, lui, n’a pas beaucoup changé, et le 20e anniversaire du Sommet de la Terre sera sûrement l’occasion de faire différents post-mortem et, peut-être, de lancer de nouvelles idées.